Poésie d’utilité publique

9 novembre 2008

Poésie d'utilité publique Francis-Medellin

Depuis toujours, je défends l’idée que la poésie, même si elle est une activité savante, n’est pas réservée par principe à un petit groupe de spécialistes. Elle naît de l’usage que les peuples font de leur langue. Elle ne vit que parce qu’elle est mise en commun. Écrire un poème, comme chanter, peindre ou cuisiner est une façon de partager son plaisir. Pour moi la poésie est une fabrique de bonheur, un transformateur électrique qui convertit nos sentiments et nos idées en énergie. Elle est une façon d’être de plain pied dans le réel, sans s’accommoder de l’état des choses. Elle est à la fois la conscience et l’utopie du monde. Parole intime, elle est d’utilité publique.

 


 

La Fontaine de Jouvence

6 juin 2021

Fontaine

Le temps qui passe nous fait offense
Mais notre amour semble durer.
Serait-ce donc affaire de chance
Ou d’humaine nécessité ?

De grand vouloir aussi, je pense
Le long désir de s’entr’aimer
Nous fait sourciers de transparence
À l’antre obscure des baisers.

Il faut pour faire l’amour durer
Le feu, la fougue et la patience…
Aimer de toute éternité
Nous est Fontaine de Jouvence.

Le 9/V/2021

 

Rejoignons la conjuration des coquelicots

24 mai 2021

Conjuration coquelicot

Ode à la joie

Sonnons les cloches à toute volée
à ce vieux monde qui ne l’a pas volé
à ses chasses gardées, ses gardes-chasse
ses frontières, ses barbelés, ses policiers,
son esprit de clocher, ses propriétés privées
qui privent tous les autres de propriété
sa course à la richesse qui nous appauvrit
son deux poids deux mesures qui n’a plus de mesure
sa démesure et son acharnement
à creuser sa tombe pour nous y enterrer
En marche, sautons du train qui fonce vers l’abime
le sang et les larmes
Tirons le signal d’alarme
Tirons notre révérence
Décrétons les vacances
De printemps, d’été
D’automne et d’hiver
Mettons le dimanche
Dans le lundi
La mer à la montagne
La ville à la campagne
Et la vie en roue libre
Prenons la clef des champs
Et la poudre d’escampette
Jetons notre bonnet
Par dessus les moulins
Montons sur nos grands chevaux
Et volons de nos propres ailes
Prenons le large
Prenons la porte
Prenons l’air et gardons-le
Pour l’offrir à tous ceux qui en ont besoin
Mettons le feu aux poudres
Et les quatre fers au feu
Battons le tambour
Battons la générale
Et le général
Décapitons le capital
Faisons banquer les banquiers
Dressons la table du grand banquet
Qu’elle se dresse elle-même sur ses quatre pattes
Et qu’elle mette les bouchées doubles
Demandons la lune
Et partageons sur Terre
Notre place au soleil
Offrons-nous un déjeuner de soleil
Et faisons-le durer.

Ode pour un œillet rouge

16 mai 2021

Oeillet rouge

Il y a si longtemps que les hommes
comparent les femmes à des fleurs
que peut-être elles en ont assez
et les fleurs aussi…
(Pour nous autres, les hommes, ce n’est pas pareil…
Peut-être que nous aimerions bien de temps en temps,
qu’on nous écrive aussi des poèmes d’amour).
Pour notre excuse
disons que si les fleurs sont les productions
les plus évoluées du règne végétal
les femmes le sont
de l’humanité…

Alors,
comme nul ne peut prétendre interdire aux poètes
d’avoir recours aux fleurs
je te nommerai « œillet »
(le simple œillet qui n’a rien de simplet,
l’œillet sans prétention qui n’est pas sans histoire).
Non pas l’œillet rose
né, paraît-il, des larmes de la Vierge
pour son fils crucifié,
Ni l’œillet blanc de l’amour et du deuil éternels,
Ni même le délicat et frêle « œillet de poète »
qu’il t’est arrivé de me rapporter…
Non, tu es mon œillet rouge,
l’œillet de la joie, de la douleur et du sang,
l’œillet de la colère et des espérances ouvrières,
l’œillet du Premier mai,
l’œillet des communards massacrés,
celui que nous offrions quand nous étions jeunes
à la sortie des usines et des lycées,
l’œillet clair, l’œillet sombre qui pousse
dans l’intimité obscure de la terre,
l’œillet têtu et entêtant au caractère fort
et à l’odeur poivrée,
l’œillet délicat aux pétales ciselés
l’œillet à la jupe retroussée, multiple et renversée
qui fait valser les cœurs et chambouler le jour,
l’œillet qu’au revers de nos vestes nous porterons toujours,
le rouge œillet
de la liberté de la révolution.

Le 25/04/2021

enfant révo oeillets

Le Massacre des innocents

16 mai 2021

Nicolas_Poussin-Le_massacre_des_Innocents

Il est dit dans l’Évangile selon Saint-Matthieu
Qu’Hérode, réputé pour sa cruauté,
Ayant appris qu’un nouveau roi allait naître en Judée
Fit massacrer dans Bethléem,
Tous les enfants de moins de deux ans.

Aujourd’hui, les historiens affirment
Que le massacre n’est pas avéré.
Car pas documenté
(Les réseaux sociaux n’existaient).

Mais ce qu’il l’est
C’est qu’un nouvel Hérode est né en Judée.
Il s’appelle Netanyahou.
Craignant que le peuple de Palestine
Un jour devienne son propre roi,
Partisan de la solution finale,
Il fait massacrer ses enfants dans Gaza.

Et à Paris règne un Ponce Pilate
qui renvoie dos à dos assassins et victimes.

Enfant palestine char

En Colombie, il ne se passe rien

16 mai 2021

Colombie2

A suivre les informations du Vingt heures
En Colombie, il ne se passe rien
Le virus continue de sévir un peu partout sur la planète
Et on parle de déconfinement
A suivre les informations du Vingt heures
Tu apprendras que d’après les laboratoires
Mettre les brevets des vaccins
À la libre disposition de tous les pays
N’est pas une bonne idée
Et selon les informations du Vingt heures
En Colombie, il ne se passe rien
À part ça rien
Des inquiétudes pour le chiffre d’affaires des restaurateurs
La reine d’Angleterre est toujours vivante
En Colombie, il ne se passe rien
Sans doute parce que la Colombie doit se situer
Dans un autre hémisphère où les peuples se soulèvent
Quelque part à la surface de la face cachée de la Terre
Celle qui n’est pas éclairée par le soleil
De nos grands médias.

Le 8/05/2021

 Manif Colombie 2021

En Colombia no pasa nada

Según el noticiero de las veinte horas
En Colombia no pasa nada
El virus continúa atacando por todos lados el planeta
Y se habla de des confinamiento
Según el noticiero de las veinte horas
Te enterarás que según los laboratorios
Poner las patentes de las vacunas
A la libre disposición de todos los países
No es una buena idea
Y según las informaciones de las veinte horas
En Colombia no pasa nada
Aparte de esto nada
Inquietudes por el volumen de ventas de los restaurantes
La reina de Inglaterra está siempre viva
En Colombia no pasa nada
Sin duda porque Colombia está ubicada
En otro hemisferio donde los pueblos se sublevan
En alguna parte de la cara oculta de la Tierra
Aquella que no está iluminada por el sol
De nuestros grandes medios.

Traduction de José Muchnik

Maréchal, nous voilà !

3 mai 2021

Pigeon

Article 1.

En raison du désordre croissant
Dû aux agissements irresponsables
D’une petite minorité
Et pour y remédier,
Il est décidé,
Que sur toute l’étendue du territoire
Et en vertu du principe de précaution
Inscrit dans la Constitution :
Les virus devront se laver les mains
Un couvre-feu sera décrété pour les poules
Les renards ne pourront plus sortir
Sans leur attestation
Les oiseaux devront porter un parachute
Ou, à défaut,
Une ceinture de sécurité
(Ainsi que les chats
Et les tortues domestiques)
Le tuba deviendra obligatoire
Pour les poissons d’eau douce
Le préservatif pour les lapins
La couche-culotte pour les chiens
Et la muselière pour les humains.

Hamburger

Article 2.

Afin d’empêcher l’invasion du territoire
Par les dépressions (lesquelles, d’ailleurs,
Viennent toujours de l’étranger)
Tout nuage en situation irrégulière
Sera reconduit à la frontière.
Les pluies ne seront tolérées
Qu’en rase campagne
Suivant un calendrier territorialisé
Et défini par les préfets.
La neige sera réservée
Aux zones de montagne
En privilégiant les stations de ski
Pour assurer la rentabilité
Des remontées mécaniques.
Et le rayonnement solaire
(Limité aux horaires de journée)
Concernera principalement le littoral,
Les régions touristiques
Et les cités balnéaires
Afin de préserver
Le chiffre d’affaires.
Poisson

Article 3.

Les chômeurs seront encouragés
À travailler
Par le non-versement
De leurs allocations.
Les ouvriers mécontents
Auront le droit
De prendre la porte.
Et les immigrés qui resteront,
De balayer devant cette porte.
Quant aux journalistes
Ils devront se perfectionner
Dans l’art déjà très avancé
De la répétition.
Tous les restaurants et les commerces,
Les pizzerias, les Grecs, les Turcs
Les Chinois et les Arabes du coin
Devront produire et consommer français.
(Avec dérogations possibles
Dans les secteurs protégés
Des parcs d’attraction,
De la chanson et de la télévision).
À ce propos
L’art, le cinéma, la littérature
Seront placés sous l’autorité
Du Ministère de l’économie ;
Les Affaires étrangères
Sous celle de l’Intérieur ;
Le secrétariat d’État
À l’égalité homme-femme
Fusionnera avec celui du Patrimoine
Et la Jeunesse relèvera
Des Anciens combattants.
Enfin,
Pour redresser une situation
Que  chacun sait catastrophique
L’éducation des enfants
Sera confiée
À la Gendarmerie,
Les principes de la Laïcité
Seront garantis par l’Église
Et l’enseignement de la philosophie
À l’Université, sera assuré
Par les plus hauts gradés de l’armée.

Les mains vides

23 avril 2021

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Le citronnier

23 avril 2021

Chat fenêtre


                                                    « la femme est naturelle,
c’est-à-dire abominable »
Charles Baudelaire

Tu as posé dans un pot sur le rebord de la fenêtre
Près de la vitre où le chat se tient en faction
Une minuscule pousse de citron.
Tu voudrais inviter chez nous
Un arbre à soleils.

Je ne sais pas si les femmes ont par nature
Un rapport plus intime avec la nature…
Font-elles plus attention à la vie
Que nous autres, les hommes ?
Si tel est le cas
Elle en sont privilégiées
Et nous en font profiter
À nous autres, les  hommes
Qui pouvons apprendre aussi
À prendre soin de ce qui vit.

Citronnier

Citronnier planté à partir d’un pépin.

Je ne sais pas si les femmes ont par nature
Un rapport privilégié avec la nature
Mais, toi tu as la main verte,
l’oreille  des arbres et des plantes,
la beauté simple de la vie naturelle.

Pourtant
Tu n’es pas une plante verte
Tu n’es pas un chat
Un petit animal  qu’il faut apprivoiser
Tu as une tête et tu sais t’en servir
Tu penses et tu agis
Tu écris, tu te bats
Tu n’as rien à envier à cet égard
À n’importe quel homme.

Bergamote

Bergamote.

En général, tu n’y vas pas par quatre chemins
Tu ne prends d’ailleurs pas souvent de gants ni d’égards
Tu ne cherches pas midi à quatorze heures
Tu ne coupes pas les cheveux en quatre
Tu coules de source
Tu es d’une clarté décidée
Acide parfois comme le citron
Et capable de douceur aussi
Comme la bergamote

Qui grandit en silence
Près de la fenêtre.

Chat fenetre2

Bernard Noël, le compagnon exigeant

16 avril 2021

Bernard Noël

 

Nous avons appris hier le décès de Bernard Noël ; dans la nuit du treize avril, pendant son sommeil, à l’hôpital de Laon. Il avait 90 ans.
Il fut un poète, un romancier, un critique d’art et un essayiste de premier plan.
L’homme était d’une attention, d’une modestie et d’une gentillesse qui touchait tous ceux qui ont eu la chance de l’approcher.
Dans son œuvre, qui compte une centaine d’ouvrages, la poésie occupait une place centrale, élaborant une parole rare, tendue, qui visait à la plus extrême conscience du chant.
Il était certainement l’un des intellectuels les plus lucides que la France ait connu depuis les années soixante-dix.
A la suite de la publication de son roman Le Château de Cène, et du procès qui avait été intenté pour « outrage aux bonnes mœurs », en 1969, il avait écrit l’Outrage aux mots.
Il y formulait le concept essentiel de « sensure ».
Dans la société capitaliste moderne explique-t-il, la censure plutôt que d’avoir recours aux ciseaux d’Anastasie prend la forme de la privation de sens. L’inflation des mots et leur détournement noie la vérité et la pensée critique.
« Le pouvoir bourgeois, écrivait-il, fonde son libéralisme sur l’absence de censure mais il a constamment recours à l’abus de langage ». Ce dont nous pouvons faire l’expérience tous les jours.
Sa pensée et son action étaient éminemment politiques, au meilleur sens. Il entretenait avec le mouvement ouvrier et les communistes des rapports de proximité exigeants, car il en éprouvait vivement à la fois la nécessité et les insuffisances.
Sa passion pour la Commune est connue et son Dictionnaire de la Commune vient fort heureusement d’être réédité (par l’Amourier). Il nous avait aussi fait découvrir en 1981  l’Etat et la révolution, du communard Arthur Arnould, qui devançait Lénine…
Il a toujours suivi avec une attention amicale le travail et les combats que nous avons menés pendant des années, au Temps des Cerises, où il avait publié avec Alain Marc un livre d’entretiens.
Après les émeutes en banlieue, en 2005, il avait rejoint l’initiative de la Revue Commune pour relancer l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires afin de manifester l’actualité de l’idée révolutionnaire.
En 2013, il m’avait fait l’amitié d’une préface pour mon recueil, Si les symptômes persistent consultez un poète. Il y écrivait notamment : «  Quand le mensonge se généralise et dénature la réalité, nommer les choses et l’état de nos relations aux autres et au monde est la meilleure manière de nous faire entrer en résistance ».
Il avait donné aussi un important entretien à la revue Zone sensible que je publiais à la Biennale des poètes en Val-de-Marne.
Ces derniers mois encore, il nous avait exprimé clairement son soutien lors de la crise des éditions Le Temps des Cerises.
Régulièrement, j’avais le plaisir de recevoir de lui de petits mots fraternels et attentifs rédigés de son écriture précise et fine. A l’image de sa pensée et de sa personnalité.
Oui, il va nous manquer…
 Bernard Noël aear 2005

« PRATIQUE DU NOM »
Bernard Noël
(Préface au recueil de Francis Combes Si les symptômes persistent consultez un poète, Le Merle moqueur, 2013.)

Nommer une chose, c’est la faire exister et, bien souvent, la créer. On oublie trop souvent ce rôle essentiel de la nomination, et qu’elle agit comme un révélateur capable de nous armer d’une prise de conscience. Savoir nommer est donc particulièrement précieux dans une époque – la nôtre – où le pouvoir a fait de la confusion verbale un outil de soumission auquel les media donnent une efficacité redoutable. Le temps n’est plus du choix facile entre collaboration et résistance, entre exploitation et engagement social, bien que cette alternative subsiste et même aggrave les différences sous le masque de la démocratie. Quand le mensonge se généralise et dénature la réalité, nommer les choses et l’état de nos relations aux autres et au monde est la meilleure manière de nous faire entrer en résistance.
Cependant, pour nommer, il ne suffit pas – sauf cas rare et exemplaire – de donner son nom véritable à telle chose, tel fait, telle attitude : il faut insérer ce nom dans un développement qui en éclaire la situation. D’où une réflexion qui a besoin de s’étendre pour démontrer sa pertinence. Cela donne aujourd’hui des essais, des articles, éventuellement des fictions ou du théâtre, qui dénoncent, instruisent et fournissent les éléments d’une information juste mais dont l’effet est rarement immédiat. Le discours politique devrait être l’agent par excellence de la prise de conscience, sauf qu’il a véhiculé tant de mensonges que, du moins pour l’heure, il n’est plus crédible.
L’espace est donc libre pour que quelqu’un prenne le risque d’inventer une nomination qui soit inattendue, surprenante et assez simple dans sa formulation pour devenir populaire. Toutes ces qualités sont réunies dans Si les symptômes per- sistent, consultez un poète que son auteur, Francis Combes, a heureusement sous-titré « Poèmes politiques ». Devant pareille étiquette, qui défie la mode côté poètes, côté media et côté politiques, comment ne pas éprouver d’emblée un mouvement de sympathie ?
L’ironie et un humour assez agressif colorent les titres des deux premières parties : « Poèmes sans domicile fixe » et « Poèmes rayon produits frais » : la chose vue dans la rue y devient fable et témoignage : scène typique. Quelques vers suffisent à faire exister la réalité de l’image, quelques autres à en tirer la leçon. Le tout, léger mais tranchant, dénonce le mal social actuel par l’évidence. Quand le poème s’allonge, et c’est fréquent, il pourrait devenir chanson bien qu’il garde toujours l’allure du constat. Pas d’indignation, pas d’appel à la révolte, car les deux sont les conséquences qu’appelle naturellement la lecture. Le message a confiance suffisamment dans la valeur de son énoncé pour ne rien lui ajouter d’autre que la forme du poème. Tout juste, les derniers vers se permettent-ils de suggérer que s’unir, un peu, pourrait changer, beaucoup, « ce monde inégal ».
Pourquoi ne pas déduire de cette discrétion, alors que la démarche générale va nettement contre « l’inégal », que Francis Combes croit assez dans les effets révolutionnaires de la nomination pour ne rien leur rajouter. Ainsi redonne-t-il sa valeur à la notion d’engagement en démontrant – sans le dire – qu’il relève d’abord d’une pratique de la langue et non d’une profession de foi politique.
Bernard Noël
août 2013
symptome

Clinique du Landy

9 avril 2021

Oiseau

Pendant que je t’attends
dans la cour de la clinique du Landy
un oiseau siffle
obstiné, entêté,
une note unique
pfiutt, pfiutt…
au sommet de l’arbre.

J’ai beau lever la tête
je n’arrive pas à le voir
mais je l’écoute.

Merci à lui
et à tous ses congénères
qui chantent
quelles que soient les circonstances
et sans se faire payer.

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Et merci au forsythia
qui tache le mur
De son jaune éclatant

Et merci même
au couvercle jaune éclatant de la poubelle
des emballages à recycler
qui tente lui aussi
de rivaliser
avec les pissenlits
en ce jour de printemps.

poubelle

Le 30/03/21

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