Ballade pour un jeune SDF en la bonne ville de Blois

Concours de Blois


Ballade pour un jeune SDF 
en la bonne ville de Blois

Je meurs de soif auprès de la fontaine
Tel un mendiant assis près d’une banque

Misère trop sûre rend ma vie incertaine
Au vu de tous, en plein vent je me planque

Pauvre me tiens au milieu des richesses
J’ai l’esprit clair au point que j’en suis branque

Jeune je suis et perclus de vieillesse
Si je me lève par terre on me reflanque

Mon avenir ressemble à mon passé
Cheval fourbu je languis et m’efflanque

Comme au désert je suis dans la cité
Je meurs d’aimer pourtant l’amour me manque

Le temps présent me semble un Moyen-Age
Ce temps vaut-il mieux que l’époque franque ?

Fièvre j’endure au milieu des grands froids
Dure est la loi pour qui n’a compte en banque

Sans espérance et la vie devant moi
Pour qui a tout c’est que je suis en manque

Ma liberté est ce qui m’emprisonne
Seul et sans frère, il me reste la haine

Si je dis vrai c’est que je déraisonne
Je meurs de soif auprès de la fontaine.

(in La France aux  quatre vents, préface Jean Ristat, Le Temps des Cerises 2015)

Laisser un commentaire