Un cygne


Cygne

Au pas, sur la voie express, à l’heure de pointe, le soir,
Du côté de Bercy, j’ai tourné à droite la tête
Et j’ai vu au beau milieu de la pluie, dans la grisaille
D’un décor d’encre et de suie, par delà les entrepôts

A contre-courant remontant impavide la Seine
Bien qu’il pleuve, traçant son chemin au mitan du fleuve,
Contre le temps, l’averse, les adverses circonstances,
Droit, silencieux, paraissant glisser sur la surface,

Sans peine derrière lui tirant tel un voilier la ville
Superbe, indifférent, presqu’irréel, un cygne blanc.
Frappé, je me suis dit :  Voici un poème qui passe…

Altière beauté tout entière à sa loi attachée
(Sans souci de la critique, sans mépris pour la masse).
Mais le cygne n’a pas daigné vers moi tourner la tête.

le 19/X/2019

Laisser un commentaire