Archive de la catégorie ‘actualités’

Au Père Lachaise

Samedi 10 février 2018

Pour Anne-Charlotte Savarit

Père Lachaise neige1

Un mégot sur la neige
Les voitures portent des bonnets blancs
Attention à ne pas glisser !

*

Vers le funérarium
les feuilles vernissées du magnolia
défient l’hiver

Magnolia Père Lachaise
*

Dans le ciel bleu et froid
tu ne voles plus ; toi
qui fus avec nous sur Terre

*

(Le cimetière est en blanc)
Sous la neige
l’herbe nouvelle attend.

*

Appolinaire neige

10/02/2018

Haïku de la neige en février

Jeudi 8 février 2018

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Premier contact
Quand elle tombe
dans les bras de la ville
la neige fond

Pas neige

Nuit blanche
La neige de février
éclaire la nuit
et me tient éveillé

condorcet neige

Chutes de neige
Il neige ! il neige !
La ville trempe
dans le sirop d’orgeat

route neige

Embouteillage
10 à l’heure, sur l’autoroute
Si tu freines, tu dérapes
(Même les grosses bagnoles !)

square neige

Square Stalingrad
Joyeuse guerre
pacifique. Boules de neige
Baisers glacés

square neige épaisseur

Miracle de la neige
Habillé de blanc
le moindre paysage
devient élégant

Pigeons neige 2

Tout est blanc
Neige sur la ville
Où les moineaux
se sont-ils cachés ?

Bury neige 2

Ciel bleu
Le soleil et la neige
(Amours éphémères)
Profitons-en !

route2 neige

Leçon de la neige
Piétinée
la pureté
se change en boue

Chinois neige

Matin de neige
Qu’est-ce que la poésie ?
Le monde, tel qu’il est
transfiguré

le 8/02/18

Fidélité moderne et inclusive

Samedi 27 janvier 2018

Clés

C’est une femme
(ou un homme, ne soyons pas sexiste…)
moderne.
Il ou elle transporte toujours avec lui,
accroché à son trousseau de clef,
sa carte de fidélité.
Elle ou il en a même plusieurs,
(car il ou elle a les idées larges)
avec des codes barres,
pour Auchan
Carrefour
Franprix
Casino
Cora
Jardiland
et quand il ou elle passe à la caisse
(car il faut toujours y passer)
elle et lui ont droit à une petite remise.

carte-fidelite

C’est ici

Mardi 16 janvier 2018

Phoque

Je reviens d’un pays
où les gens dans les rues
se souhaitent « Meilleurs vœux »,
même s’ils ne se connaissent pas,
où le Noir et le Blanc se parlent poliment,
où celui qui sait lire aide celui qui ne sait pas,
où la femme voilée et celle qui ne l’est pas
emmènent ensemble leurs enfants au jardin public,
où il arrive même de croiser sur le trottoir une femme qui vous fait la bise,
un pays où l’on en sait un bout
sur les difficultés de la vie
mais où cela n’empêche pas
de trouver
qu’il fait plutôt doux
aujourd’hui.
Ce pays, c’est ici.
Vous n’êtes pas obligé de me croire ;
Il vous suffit de venir voir.

(Aubervilliers, le 4 janvier 2018)

Soleil d’hiver

Lundi 1 janvier 2018

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Le vent souffle en tempête sur la plage
Chassant devant lui les ballots de draps…
Nuages qu’emportent pour le ménage
Des femmes de chambre aux très puissants bras.

Pendant ce temps, les rayons du soleil
Calmes descendent de derrière les cintres
Des nuées, théâtre aux rideaux vermeils
Qu’aurait décoré au Grand siècle un peintre.

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On comprend pourquoi devant ce spectacle
L’homme a pu penser voir en la Nature
Une œuvre divine, un saint Tabernacle.

Mais nul besoin de Dieu dans la Nature
Pour qu’elle bouge, lutte, s’élève et chante.
Et qu’elle soit souveraine nous enchante.

le 28/12/2017

Vœux 2018

Lundi 1 janvier 2018

Vœux (cliquer pour lire)

Vœux 2018 dans actualités

Merci au site écri’turbulante pour la publication de ce poème.

 

Poète de droit commun

Dimanche 10 décembre 2017

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Chacun d’entre nous est unique
et ce n’est pas original.
On se croit seul au monde
mais le monde ne le sait pas.
Puis un jour, on s’en aperçoit :
ceux qu’on croise dans la rue,
sans les voir, en pressant le pas
ceux qui passent et ne comptent pas
ou si peu… ou pas plus que ça,
on les regarde et on se dit
qu’ils ont chacun leur propre vie.
Ils sont chacun comme nous sommes :
au centre de leur univers.
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Chacun d’entre nous est unique
et ce n’est pas original.
Chacun de nous est sans pareil
et plus semblable qu’il ne le croit.
Nous avons bien, en général
une bouche, un nez, deux oreilles
un cœur sans doute, même un cerveau
et à peu près le même paquet
de peurs, de rêves, de secrets
et dans la boîte aux noirs désirs
quelques fantasmes partagés.

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Tous semblables, tous uniques
dissemblables et identiques.
Nous sommes très singuliers
ce qui n’est guère particulier.
Nous sommes en cela comparables
aux arbres, aux galets de la mer,
et même au moindre grain de sable
parmi les milliards de la plage.
et c’est cette propriété,
(être divers et tous les mêmes),
qui rend possible le poème,
et sa surprise et son partage.
Nous sommes un peu tous les autres
et tous les autres sont nous-mêmes.

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Aux fossoyeurs de la poésie

Samedi 2 décembre 2017

 

danse macabre


1.
Quelles traces
ont laissées les hauts faits de l’empereur Auguste ?
Quelques lignes dans des livres d’histoire,
et quelques bustes…
Mais, par ses poèmes, Horace,
qui fut son obligé et n’avait aucun pouvoir,
a toujours le pouvoir
de nous émouvoir.

2.
Quand François Villon
était dans la petite enfance
Qui était le roi de France,
couronné dans Paris ?
L’anglais Henri VI, un poupon.
(Sans Shakespeare, je parie
que nous aurions presqu’oublié son nom…)
Et où sont passés le Saint-Empire
romain germanique et l’empire
ottoman, pourtant
si puissants
sous Shakespeare ?

3.
Sans La Fontaine, Corneille,
Racine, ou Molière,
de quelle lumière
sans pareille
brillerait encore le Roi-Soleil ?

4.
Que reste-t-il du Reich et des victoires militaires
du dénommé Hitler ?
Par contre, des pièces du pauvre b. b.
(bertolt brecht, le poète, l’exilé,
le vaincu) demeure vive,
pour nous la vérité.

5.
L’Union soviétique elle-même, malgré Lénine,
Staline, Trotsky…
les combattants de Stalingrad,
Iouri Gagarine,
les komsomols à l’avant-garde
sur les chantiers et dans les stades,
relève désormais d’une époque révolue.
Mais le poète Maïakovski
mérite toujours d’être lu.

6.
Ce qui fait la grandeur d’une époque
Ce sont les œuvres qui par leur beauté lui survivent.
Aux grands, aux politiques, aux gestionnaires,
qui se moquent
de la poésie
et à ceux qui régulièrement l’enterrent,
contre tous
et malgré tout,
survivra la poésie.

le 19/11/2017

francois-villon

La femme de ménage et le Théâtre

Lundi 13 novembre 2017

JR

Ce poème a été publié dans mon recueil La Ballade d’Aubervilliers en 2007.

 

La femme de ménage et le Théâtre

à Jack Ralite

Chaque jour, la femme de ménage vient balayer les planches du théâtre.
Parfois, elle assiste à la répétition… Mais revient-elle le soir
pour la représentation ?
L’auteur de pièces
tente lui aussi de faire le ménage
dans les coulisses de son propre cerveau
et sur la scène pas propre du monde.
Avec jubilation, il monte et démonte,
comme un jeu de construction,
le grand théâtre des conflits humains
sur cette Terre
où l’homme n’est pas toujours
un homme pour l’homme.
Sur scène, les acteurs, à leur tour, montent l’histoire
des grands et des brigands, l’histoire du peuple ;
ils montrent la mort et la vie d’un commis voyageur,
d’un roi, d’un soldat, d’une cantinière,
d’un juge et d’un enfant que se partagent deux mères ;
ils jouent la vie d’un homme de couleur et d’une femme de ménage…
Et dans la salle obscure,
ils maintiennent vive la lumière
dans l’attente que le peuple
et les femmes de ménage
à leur tour,
montent sur la scène.

Pierre Laurent – 1942

Mardi 31 octobre 2017

Pierre Laurent – 1942
pour Ginette Laurent

Photos Anciennes Ginette 1 - Copie

Pierre Laurent et sa famille quelques mois avant sa mort.
Ginette, la maman de Patricia, est à gauche sur la photo.

Un poème sur le grand père de Patricia, ouvrier à Asnières. Tué par la police française pour fait de résistance en 1942.

Ouvrier en usine il aimait dessiner
Et faisait au fusain le portrait des enfants.
Il avait sur la porte d’une vieille armoire
Au burin dans le bois taillé des hirondelles…

Sa fille se souvient qu’il était musicien.
Ce grand gaillard fleur bleue tâtait de la chanson.
Il jouait dans son lit sur son accordéon
Parfois Cœur de cristal ou Reine de Musette…

(Le pays sous la botte avait perdu ses ailes
Et l’heure n’était plus guère aux bals ni aux chansons).
Alors Pierre, sur les murs, collait des papillons :
« Du pain pour les vieillards ! Du lait pour les enfants ! »

Un soir, les policiers ont serré son copain ;
Lui a pu s’échapper… Il est rentré chez lui
Et fait brûler ses tracts dans le poêle Godin.
Mais les flics ont rappliqué et l’ont embarqué.

D’après le témoignage d’une fille de joie,
Ils s’y sont mis à trois, dans le commissariat,
Pour le rouer de coups et l’ont laissé pour mort.
Puis il fut condamné à six mois de prison.

Mais la Santé n’a pas arrangé sa santé…
Il passait son temps à cracher des fleurs de sang
Et n’a quitté la prison que pour l’hôpital.
(Jamais il ne devait retourner près des siens).

Ouvrier aux mains d’or, pour le bois et le métal
Prolétaire résistant, tué par la police
Homme simple, Cœur de cristal et mains d’argent,
et pour tout mémorial, des fleurs rouge de sang.

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