Archive de la catégorie ‘actualités’

La nuit est une myrtille

Dimanche 13 octobre 2019

nuit étoilée

 

La nuit est une myrtille

Il y a entre nous un oiseau dont tu peux sentir battre le cœur
et qui envoie en morse des messages irréguliers

Nous voyageons dans des trains et nous passons des ponts au-dessus des fleuves quelque part vers le Sud ou bien L’Est

Les amoureux sont rangés dans leurs draps comme des cuillers endormies

Mais le sommeil nous fuit, la mélatonine nous fait des infidélités

Il y a toujours dans la tasse de nos nuits un peu de sucre au fond qui n’aura pas fondu

et les mots tournent en vain, électrons désorbités qui s’échappent dans le vide interstellaire qu’habite la matière… Nuages moléculaires, vents solaires, champs magnétiques

poussière de graphite condensée en quelques notes échevelées prises dans les pages du carnet qui repose sur la table de nuit et qui seront illisibles demain matin

La nuit est une myrtille qui renferme son obscurité dans un tiroir secret

Il ne s’y cache pas de lettres perdues mais l’agitation silencieuse des électrons dans la galaxie

Je ne suis pas jaloux des rêves que tu fais ni toi non plus des miens

Nous voyageons ensemble et séparés pourtant par le sommeil et l’insomnie
L’être humain dit-on est toujours seul sur Terre, mais il ne devrait pas

toujours et jamais seul, ni dans ses craintes ni  dans ses désirs, toujours et jamais seul, ni dans ses bras ni dans les bras des autres, ni dans sa vie ni dans sa mort, ni dans la veille ni dans le sommeil

L’être humain sur la Terre est toujours seul, mais il ne l’est jamais

C’est dans la nuit du sommeil et de l’oubli qu’il se retrouve
qu’il s’éparpille comme graines dispersées
qu’il se rassemble et se recueille

La nuit des solitaires est amère comme un voyage sans port et sans raison, une baie empoisonnée

Notre nuit en commun sur la Terre est douce
comme une myrtille

myrtille

(nuit du 10 au 11 octobre 2019)

Le tombeau d’Engels

Mercredi 18 septembre 2019

Engels jeune

Toi qui te rends à Londres
n’y cherche pas la tombe de Friedrich Engels
(mort en 1895 dans la capitale de l’empire britannique).
Il n’est pas enterré au cimetière de High Gate
aux côtés de son ami et maître, Karl Marx.
Nulle part tu ne trouveras son tombeau,
encore moins son mausolée.
(En vérité, aucun révolutionnaire
ni Lénine, ni Mao, ni Ho Chi Minh,
ni Dimitrov, ni Castro…
n’a demandé qu’on lui érige après sa mort un palais).
Mais Engels n’a pas même une pierre
ou une plaque à son nom, dans un cimetière.

À sa mort, l’auteur de la Dialectique de la Nature,
pour qui tout était matière et mouvement
et l’esprit lui-même
la forme la plus élaborée de la matière,
a demandé que ses cendres soient jetées à la mer
près des falaises d’Eastbourne.

Falaise Eastbourne

Ainsi, pas un pouce de terre
ne serait inutilement occupé par son cercueil
et, même mort,
il continuerait à prendre part au cycle de la nature,
de la vie et du cosmos.

Pourtant son souvenir,
dans les eaux tumultueuses de la Manche
et des océans du monde,
ne s’est pas perdu.

Engels Manche

Gilets jaunes, jacquerie ou révolution

Dimanche 8 septembre 2019

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Francis Combes présentait ce soir sur TV5 Monde, le livre collectif qui vient de sortir « Gilets Jaunes, jacquerie ou révolution ».
A voir sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=rL7crBd4k9w&feature=youtu.be

Sortie pour la fête de L’Humanité

Gilets jaunes, jacquerie ou révolution

Le mouvement des Gilets jaunes est certainement le mouvement social le plus long qui se soit jamais produit au cours de l’histoire de la France contemporaine. Même si de nombreuses références historiques s’expriment, en particulier à la Révolution française et aux Sans-culottes, c’est un mouvement qui présente des traits originaux et forts qui bousculent les images toutes faites, dans les médias, mais aussi dans le monde syndical et politique.

Jacquerie ? Révolte appelée à s’éteindre ? Mouvement populiste et démagogique ? Lutte populaire porteuse d’avancées sociales et démocratiques ? Révolution qui s’annonce ?
Ce livre réunit des témoignages de participants au mouvement. Ils aident à mieux comprendre la réalité de ce qui se passe et mettent à mal la caricature parfois faite des Gilets jaunes. Ouvrage collectif, il présente aussi des analyses, solidaires ou empreintes de sympathie, mais différentes, et parfois même contradictoires, produites « à chaud » par des historiens, des philosophes, des militants syndicaux ou politiques.

Les auteurs : Yves Vargas – Sonia – Badiaa Benjelloun – Réza Afchar Naderi – Laura Follezou – Michèle Riot-Sarcey – Laurent Thines – Cathy Jurado – Bruno Drweski – Gérard Bras – Yvon Quiniou – Norbert Lenoir – Stathis Kouvélakis – Stéphane Sirot – Richard Dethyre – Jean-Pierre Page – Christian Picquet – Alain Lipietz – Roland Hureaux – Georges Gastaud – Francis Combes – Jacques Lancier

Trois poèmes sur Ho Chi Minh

Mercredi 4 septembre 2019

trois poèmes de « Cause commune »,

à l’occasion du cinquantième anniversaire

de la disparition de Ho Chi Minh

 

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Le père Thu

« Des nuages, des monts,
Des monts et des nuages
Un fleuve en bas miroite… »
Au début de février 1941
Aï Quoc franchit la frontière à la borne 108
avec sa valise de rotin et sa machine à écrire.
Il s’installe dans une grotte à Pac-Bo
prend le pseudonyme de Père Thu
et commence à organiser la Résistance.
Chaque matin, il se rend à la source.
Un rocher lui sert de table
(il sait qu’il peut s’appuyer sur le pays
car le combat pour la libération sociale
passe par la libération nationale).
Il mange peu, mais de bon appétit
de la bouillie de maïs et des pousses de bambou,
reçoit des émissaires
et écrit des appels à l’union et à la rébellion.
« La vie d’un révolutionnaire
 est magnifique », écrit-il.

Dans ces moments heureux
ses poèmes sont des tracts.
(Pour la poésie, il a peu de temps
car tout son temps est pris
 par la poésie).

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Le tabouret d’Ho Chi Minh

à Nguyen Din Thi

Au Palais présidentiel
l’Oncle Ho préférait la maison du jardinier.
Pour travailler, il avait fait installer
près du lac, dans le parc du Palais présidentiel
un bureau de plein air protégé seulement
du soleil et de la pluie par un toit de paille
et près de son bureau, par terre,
il avait posé un tout petit tabouret.
(Lui qui faisait trembler
les tigres de fer du colonialisme).

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C’est là qu’il s’asseyait de temps en temps
pour bavarder avec les enfants
qui lui rendaient visite
et jouer avec eux.
« Est grand qui garde un cœur d’enfant. »
disait Meng Tseu.
(On pourrait dire aussi
« en se mettant à la hauteur des plus petits
les grands
se grandissent »).

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La bague
à Madeleine Riffaud
Le vent dans le ciel au-dessus des rizières
est un enfant qui pousse de son bâton
le buffle noir des nuages.
L’avion qui étincelait sous le soleil
et apportait la mort sur les paillottes
a été abattu par la jeune servante de la D.C.A.
Sur la photo, le soldat américain
(un grand diable blond
aux allures d’enfant bien nourri)
marche les mains sur la tête
devant une combattante, jeune et toute menue.
De partout surgissent en file indienne
de petits hommes en uniformes noirs
(comme des fourmis, dirait le soldat).
— Mais les fourmis ont parfois raison des aigles
et ce peuple a fait des miracles.
Dans la tôle d’aluminium du bombardier Phantom
des mains très fines
demain auront découpé un peigne et une bague.

Vietnamienne

 

et un inédit
(car nous avons toujours le Vietnam au cœur)…


26 Novembre 1967

Ce qui nous touche au plus près est parfois le plus loin…
C’est par solidarité que pour la première fois
Près de la Gare de l’Est, le long du Saint-Martin
J’ai battu le pavé, dans un ruissellement de jeunesse.

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Départ de lycéens d’Aubervilliers (du cercle Fabien-Thälmann de la Jeunesse communiste) à une manifestation pour la paix au Vietnam.

Nous défilions pour la paix et le peuple vietnamien.
Peut-on faire plus lointain ? Ils furent pourtant nos frères
Ces petits hommes verts, ou cette fille en noir
Nous étaient des images de courage et d’espoir.

Ils furent à nos côtés pendant bien des années
Nous les retrouvions dans des salles enfumées
À la Mutualité ou au Cirque d’hiver
Et faisions trépider les gradins sous nos pieds

Ils vécurent avec nous, simples de grandeur
Ils découpaient des peignes dans les B52
Ils creusaient des tunnels pour sauver la lumière,
Écrivaient sous les bombes des poèmes d’amour.

Ils montrèrent au monde ce qu’un peuple peut faire
Fort de la tendresse des peuples de la Terre.

 
Paix au Viet

Ballade pour une pomme trouvée

Samedi 17 août 2019

Pommes

Pomme je suis, le ver en moi
Joyeusement fait son office
Et ce que, terrible, de moi
Ici je dis, parlant à tous,
Je pourrais de chacun le dire

Le soleil sur ma joue se joue
Au milieu des gouttes de pluie
Et puis s’en va s’en vient le vent…
Marchant dans l’herbe j’ai trouvé
Une pomme à moitié rongée

Pomme encore verte abandonnée
Qu’un coup de vent a fait tomber
Avant son heure de son pommier
Elle a pris un coup sur la joue
Etalée la pomme est talée

Mais d’un ver elle fait bien l’affaire
Qui creuse un tunnel dans sa chair
Quand d’autres en seraient dégoûtés
Certains la trouvent à leur goût
(Il en va de même pour nous)

La croisant je pense à ses sœurs
Luisantes, rondes, calibrées
Lisses, bien rouges, vertes, dorées
De la grande distribution,
Pauvres pommes conditionnées…

Ce sort nous sera épargné,
Nous sommes pommes qu’on délaisse
N’avons ni prix ni pedigree
Nul comice ne nous prima
On ne nous vend pas à la tonne

Puissions-nous pourtant mes chères sœurs
Pommes sauvages, acidulées
Trouver preneur… Moi, vif ou mort
J’espère avoir du goût encore
Pour qui voudrait croquer dedans.

 

Bal macabre en bord de Loire

Lundi 5 août 2019

FRANCE-MISSING-INVESTIGATION-POLICE-ART-MUSIC

pour Steve

Les eaux qui s’en vont vers le lointain m’appellent…
Elles passent, elles s’enfuient effaçant  les histoires
Elles portent dans leurs flancs d’oublieuse mémoire
Les traces de nos vies,  les meurtres, les querelles.

Dans l’eau nocturne et trouble où nulle étoile ne veille
Un corps est retrouvé qui met fin au mystère
– Il met fin à l’attente, aux nuits de longue veille
(Mais le mystère n’a guère de place en cette affaire).

Ah ! Le fleuve est obscur, on dirait un tunnel
D’où jamais ne devait sortir la vérité.
– Mais n’allez pas chanter que la Loire est cruelle
Ou que c’est un effet de la fatalité.

Il n’avait pas rêvé prendre un bain de minuit.
Sa faute fut d’avoir fait la fête et dansé.
Jetés à l’eau les jeunes ne font plus de bruit
Et tant pis si certains ne savent pas nager !

Un corps est retrouvé au milieu des vasières…
Il a dû séjourner dans la nuit des lamproies
Des algues, des aloses… Involontaire proie,
Vivant en ville, des violences policières.

Si les eaux qui s’en vont se perdent dans l’estuaire
Peuvent-elles effacer le crime en bord de Loire ?
– Les eaux, les eaux, petit, n’ont aucune mémoire
Mais ceux qui étaient là refusent de se taire.

« Sur l’quai de Nantes, un bal y est donné
Non, non mon fils tu n’iras pas danser !
Tu vas danser et puis dans l’eau tu glisses…
Il y a danger car rôde la police.

Non, non, ma fille tu n’iras pas danser
Sous peine aussi de te faire noyer.
Il nous faut croire les autorités :
Voici le sort des enfants obstinés. »

Tournesols

Vendredi 2 août 2019

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(La compagnie des tournesols)

Plantés au beau milieu du champ de bataille.
Ils sont rayonnants.
Armée de tournesols en leur midi.
Innombrables, fiers et lumineux dans la clarté du jour
Ils portent sur la terre les armes du soleil
En rangs serrés, bataillons de la jeunesse ardente à qui tout est promesse
Ils ont pour eux l’espérance, la justice, l’avenir et le droit
Ils se lèvent dans la plaine et déferlent des collines
Ils se tiennent debout, droits et magnifiques
Ils décrètent leur clarté victorieuse sur la nuit et sur l’obscurité caverneuse du passé
Leur œil unique fixe le centre de l’été
Puis vient la fin de la saison
Ils ont bu du regard tant de soleil
que leur rétine en est brûlée,
leur œil immense a noirci,
leur cœur est lourd
et, quand le jour décline, ils courbent la tête,
disposés à donner le meilleur d’eux-mêmes,
mûrs pour la moisson,
prêts pour le passage de témoin
au sommet de la colline.

tournesol le soir

Poèmes bretons

Mercredi 17 juillet 2019

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Une visite à Saint-Pol-Roux

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Nous sommes passés par Camaret
et avons vu de haut le port,
les bateaux, les magasins,
l’église en front de mer…
(Mais le curé, nenni
ni ses attributs,
ni sa tribu de filles
dont nous n’avons entrevu que des lettres qui brillent
sur des maillots, à la boutique aux souvenirs).

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Puis nous sommes montés vers la pointe de Penn-hir,
l’alignement des menhirs sur la lande
et, près du bord de la falaise,
le manoir détruit
du poète Saint-Pol-Roux,
le Magnifique,
qui se prenait pour un mage,
créateur d’images poétiques
Alambic idéoréaliste,
Adorateur de la religion du Tournesol,
Soleil sacré
de la Beauté et de la Vérité.

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Dans la nuit du 23 juin 1940,
un soldat allemand investit le manoir,
tua la gouvernante, blessa le poète et rudoya sa fille,
baptisée Divine.
Puis, il s’enfuit, effrayé par le chien de la maison.
Sa fille violentée, sa maison pillée, ses écrits éparpillés et déchirés,
le poète ne s’en remettra pas
et, quelques mois plus tard,
meurt de chagrin.

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Il n’aura pas vu, en août 44, les avions alliés
bombarder et incendier le manoir
dont ne restent que quelques pans de murs
et quatre tourelles.

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Saint-Pol-Roux, aujourd’hui, est bien oublié…
Pourtant peu de poètes laissent derrière eux
des ruines à visiter.

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Avant de repartir,
m’écartant de l’amas de pierres,
j’ai vu un jeune lapin
sortir d’un buisson de genêts,
hésiter… puis disparaître.

                 ****

Une chèvre

Une petite chèvre douce et blanche
est enfermée, solitaire, dans son enclos
et moi, avec ma canne et mon  chapeau,
j’ai quelque chose de M. Seguin.

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Je m’arrête et de loin
je lui fais : « Béééh… »
Complaisante, elle me répond : « Béééh… »
et cela dure un moment…
(Une sorte de dialogue,
plus que courtois,
complice).

Bien sûr, nous n’échangeons pas de grandes idées,
pas même vraiment de paroles,
mais nous communiquons
(comme on dit aujourd’hui).

Nous partageons quelque chose,
peut-être quelque chose d’important,
et, sans aucun doute
nous nous comprenons.

***

scarabée

Retournement du hanneton

En descendant vers la plage
j’ai rencontré un gros hanneton noir,
peut-être une lucane
renversée sur le dos
qui ne pouvait plus bouger.
Alors, je l’ai remise à l’endroit.

Peut-être dira-t-on
que j’ai agi humainement.
Mais l’enfant, sur la plage,
qui tue avec sa pelle des poux de plage
lui aussi, agit humainement.

(Nous qui pouvons détruire
nous pouvons protéger)

***

L’humanité mériterait bien
autant d’attention que les hannetons…
Mais  pour que l’immense majorité
ne reste pas sur le sable
et pour assurer notre salut commun
c’est la société entière
qu’il faudrait retourner
et remettre sur ses pieds.

le 14 /VII/2019
Kervigo

Le Planétariat

Dimanche 23 juin 2019

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à Jack Hirschman

 

Nous qui n’avons qu’une Terre
à tenir dans nos mains
une Terre à bercer
une Terre à soigner
une seule Terre
pour patrie
une Terre pour habiter
et se tenir debout
les uns avec les autres
Nous qui n’avons rien
que nos mains pour vivre
et notre esprit
Nous qui n’avons rien
que nos rêves d’amour
et nos nuits étoilées
Nous dont les ondes
électromagnétiques
parcourent le monde
à la vitesse de la lumière
Nous qui nous parlons
de bouche à oreille
par–dessus les frontières
Nous qui ne sommes rien
mais dont tout dépend
et même le destin
de la planète Terre
nous les nouveaux parias
nous, les ombres claires
nous les en-nombre, nous les plus nombreux
nous qui sommes le peuple-monde,
le peuple à-venir
nous voici, nous venons
hommes
femmes
enfants
Terriens
nous sommes
le Planétariat.

terre-globe

फ्रान्सिस कोम्बस् (फ्रान्स) (Sagesse traduit en népalais)

Dimanche 16 juin 2019

Mise en page 1

फ्रान्सिस कोम्बस् (फ्रान्स)
ज्ञान
किनकी
गुलाफको फूल मर्छ
के त्यसैले जीवन असङ्गत हो?
तर गुलाफको मृत्यु नै
गुलाफको बोटको जीवन हो।

(Traduit en népalais par Keshab Sigdel)

Sagesse

Alors
parce que la rose meurt
la vie serait absurde ?

Mais meurt la rose
et vit le rosier.

(in Si les symptômes persistent consultez un poète, Le Merle moqueur)

Wisdom

So,
because the rose dies
is life absurd?

But the death of the rose
is the life of the rosebush.

(traduit en anglais par Alan Dent, in If the Symptom Persist, Smokestack Books)

Keshab-Sigdel-photo

Et un poème de Keshab Sigdel traduit en français par Francis Combes :

La boutique à thé

Tous les matins, ils viennent
dans sa boutique
pour prendre une nouvelle tasse de thé.
Après en avoir déjà pris plusieurs
chez eux ou ailleurs.
Ici, il n’y a rien de spécial :
mais Mithila vaujau a le sens des convenances,
nécessaires dans les affaires.
Elle sourit indistinctement
à quiconque
entre dans sa boutique.
Sauf ces jours où
un habitué pique un journal
dans le salon de thé
et ressasse les nouvelles
sur la nocivité du gaz de schiste
ou la hausse du prix du sucre.

Ils viennent et ils parlent de leurs affaires,
le nouveau chef au bureau,
ou l’entrée des communistes au gouvernement.
Elle n’en n’a rien à faire de ces propos
mais elle les aime bien
car elle a le sens de l’étiquette
pour une commerçante :
aimer les choses
qui vous rapportent.

PS : vaujau en népalais signifie belle-sœur.

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