Archive de la catégorie ‘actualités’

Bonne année 2014

Mardi 31 décembre 2013

Voeu 2014

Comptabilité

Lundi 30 décembre 2013

Petite fille palestinienne
Un  champion fait une chute à ski
parce qu’il a pris des risques hors piste.
Cela mobilise les rédactions
des télévisions du monde entier.
Une fillette de quatre ans
meurt à Gaza sous les bombardements.
Mérite-t-elle une seconde ?

Sur les balances des épiciers du monde
tous les morts, réduits en poudre
et côte à côte rangés dans des bocaux colorés,
ne pèsent pas le même poids.

le 30/12/2013

Arun Kolatkar, Poèmes de Bombay

Lundi 30 décembre 2013

Mon article dans la Revue du Projet sur une découverte : Arun Kotatkar, poète indien. Un grand poète !

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A lire ici

La mort, la marguerite et le nommé Prévert

Dimanche 29 décembre 2013

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Nous voulions, mon amour et moi, rendre visite à l’ami Prévert
mais nous sommes arrivés un peu tard.
(Le lascar
s’était retiré
au cimetière
d’Omonville-la-Petite).
De là-haut on voit, un peu plus bas, la mer…
Il s’était pris dans ce village de pierres grises
au cimetière de l’église
un petit pied-à-terre
une concession
pour l’éternité…
(Et je crois bien que de son propre avis
ce fut une concession de trop).
En repartant,
passant le long de son jardin,
ma belle a piqué
sur le muret
une marguerite
qui poussait…
Cette fleur toute simple
en robe des champs
avec son cœur safran
est un peu
comme sa poésie.
A cause la manie qu’elle a de s’effeuiller,
on dit d’elle :
“ C’est une fleur facile,
une fleur futile.”
Mais pour les amoureux
la marguerite
est une fleur utile.
La poésie de Prévert
est couleur de pigeon
baguenaudeur et pacifique
le clope au bec.
C’est un moineau, saute-ruisseau, un insoumis
qui tire la langue et dit
“Merde” aux potentats omnipotents,
aux généraux ventripotents,
aux cardinaux, aux argousins, aux cent familles
et aux sans-cœur,
aux importants,
grands impotents
tous autant qu’ils sont
du bonheur.
C’est pourquoi
il n’ira pas aux Invalides
où Napoléon
roupille la main sur le bide.
Ni même au Panthéon ou d’ailleurs ne sont
ni Marat ni Villon.
– Il aurait bien sûr pu s’installer du côté
d’Aubervilliers
qui a pas mal changé –
je le sais j’y habite.
Mais il a préféré
se retirer du côté de la Hague
dans un village près du rivage.
(On ne sait pas s’il est au paradis
où tournent les manèges et les orgues de Barbarie
mais dans ce coin qu’il s’est choisi,
sûr qu’il n’est pas en enfer
avec les croix de bois, les croix de fer.)
En vérité, je vous le dis,
il n’est pas mal loti.
Dans son village près de la mer
l’ami Prévert s’est mis au vert.
Allongé sous un pied de roses
il se la coule douce…
Comme on dit “il se repose”,
il a mis les pouces
et par la racine il bouffe
les pissenlits…
Sur sa tombe poussent
des œillets  de poète
et des escallonias.
Le voici donc, le réfractaire,
pensionnaire
au cimetière
de l’église.
(Sur le bord du joli chemin
la Mort l’a repris en main).

On n’y peut rien faire…
Saluons l’ami Prévert
et repartons,
sa marguerite à la boutonnière.

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La chasse aux putains

Samedi 28 décembre 2013

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(A peine les députés avaient-ils voté une loi
pour les mettre hors la loi)
Les gens du village ont déclaré ouverte
la chasse aux putains.
C’est que, pensez-donc, elles font le trottoir
là où il n’y a pas de trottoir :
sur les bas-côtés de la route départementale.
C’est une honte, un scandale,
une déroute de la morale,
une provocation.
Leur simple présence évocatrice est un appel au vice.
Songez, si des enfants passaient par là
et qu’ils les vissent !…
Alors, les hommes du village ont décidé
(pas tous, c’est certain, mais certains)
de se lancer dans la chasse aux putains.
Rassurez-vous, nous ne sommes plus au Moyen-Age ;
pas question de les mettre en cage,
de dresser des bûchers
ni même de les marquer au fer
rouge, ou très peu…
(encore que).
Mais on ne peut pas rester sans rien faire !
Il faut bien que les citoyens bougent
et réagissent.
Alors les hommes du village se réunissent.
Ils enfilent leurs gilets
jaunes fluorescents de sécurité
(car ils respectent les consignes de la police)
et, par groupes de cinq ou six,
les voici qui patrouillent pour chasser les prostituées
qui se font monter
dans les fossés.
Les poursuivant avec leurs camionnettes
ils font fuir dans la garrigue comme des lapins
ces lapines de putains
qui s’en iront tapiner un peu plus loin
jusqu’au petit matin…

Puis, les hommes du village, fiers du devoir accompli,
rejoindront au lit
leurs femmes, qui ne sont pas des putains.
Et parmi eux, certains, excités, c’est certain,
iront un peu plus loin
retrouver les putains.
puteé

Tract – Lecture à la réunion poétique au théâtre du Ranelagh, mardi 17 décembre 2013

Mercredi 18 décembre 2013

FC

Pour écouter cliquez ici

TRACT


(distribué dans les allées du supermarché
et jeté par terre mais que chef de la sécurité
a rapidement ramassé pour le porter à la direction)

« Vous les tomates qui n’avez jamais vu la terre
Vous les poissons qui n’avez jamais vu la mer
Vous les salades qui poussez dans l’eau et la fibre de verre
Vous les saumons qui n’avez jamais remonté de rivière
Et n’avez pas connu la joie d’étinceler dans l’écume
et la lumière
Vous les poulets élevés en batterie qui n’avez jamais connu l’air libre
Jamais vu le soleil, jamais couru dans l’herbe
Vous les bananes, vous les avocats, vous les melons
Prématurés arrachés à votre famille et mis à mûrir
loin de chez vous
Dans des hangars sous des rayons
Vous les crevettes qui n’avez jamais fréquenté les grands fonds
Et ne connaissez que l’eau du robinet
Vous tous, produits conditionnés de la grande distribution,
Révoltez-vous !
Rompez les rangs !
Formez un syndicat et faites valoir vos revendications !
Refusez d’être enfermés, déportés, calibrés !
Refusez le dopage, refusez de vous faire piquer
et regonfler
à coups d’hormones, d’OGM et d’anabolisants !
Dénoncez les cadences infernales !
Réclamez ce qui vous est dû, exigez d’avoir le temps
Et les moyens d’une vraie formation initiale !
à bas l’esclavage moderne ! Luttez pour votre dignité !
Pour des conditions de vie et de travail normales !
Faites la grève pour vous offrir
Des vacances à la mer
Un voyage auprès des vôtres en Espagne
Une randonnée sportive dans un torrent écossais
Un séjour, tous frais payés, dans une mer profonde
Au large d’une plage du Sénégal.
Exigez le temps de vivre, de grandir et de mûrir.
Et soyez certains que nous autres les humains
Nous serons solidaires de votre combat. »

Hugo : « rupture avec ce qui amoindrit »

Dimanche 15 décembre 2013

Hugo+J+G

Mon dernier papier dans Cerises.

A lire ici : http://www.cerisesenligne.fr/article/?id=4270&q=hugo

hugo

Berceuse pour ne pas s’endormir sur France Musique

Samedi 7 décembre 2013

Mandela

La berceuse à Mandela que nous avons créé avec le musicien Sergio Ortega est passée vendredi 6 décembre 2013 sur France Musique au lendemain de la disparition de Tata Madiba. En illustration, l’affiche sortie le même jour par la ville de Tremblay-en-France.

 

La révolution, le bonheur et la vertu

Dimanche 1 décembre 2013

David_d'Angers_-_Saint-Just

Mon papier dans le numéro 196 de Cerises

La révolution, le bonheur et la vertu.

Robespierre

Mandela de la vie

Dimanche 24 novembre 2013

Sergio-Ortega

Cette chanson que Sergio Ortega et moi avons écrite est ici chanté par Marie-Laure Garnier, soprano, accompagnée de Gabriel Ortega au piano, à l’occasion du 10e anniversaire de la disparition du musicien chilien Sergio Ortega, salle Jacques Brel à Pantin. Le texte est en fin de rubrique.

Sergio est l’auteur de nombreux chants révolutionnaires d’Amérique Latine comme Venceremos et El Pueblo unido. Il a travaillé avec Pablo Neruda. Il a notamment composé la musique de la seule pièce que celui-ci ait écrite et dont il a fait une cantate puis un opéra : Splendeur et mort de Joachim Murieta.

Pendant plus vingt ans, j’ai travaillé avec lui. Nous avons écrit des chansons, composé cantates et opéras dans une forte relation d’amitié.

Écoutez ici

Mandela de la vie
(berceuse pour ne pas s’endormir)

1
Mandela
que s’éteignent les bruits
Mandela
qu’on écoute la nuit.
Aux étoiles
s’envolent les murmures
et le vent
les amène vers toi.

Nous chantons pour que l’aube
d’une vie plus humaine
écarte la violence
et que les souffrances
se changent en graines.
Mandela, que s’éteignent les bruits,
que la nuit nous apporte ton regard.

2
Mandela
que s’effacent les murs
Mandela
que la nuit nous rassemble.
Les semences
ont fécondé la terre
En secret
mûrissent nos moissons.
Entends comme le monde
près de ton cœur respire.
Il s’apprête à sourire
tout comme un enfant qui dort
et qui rêve.
Mandela, que s’effacent les murs
que la nuit nous rapproche de toi.

3
Mandela
que t’accueillent nos mains
Mandela
que ce jour soit le tien.
Nous chantons
la berceuse d’un monde
qui demain
s’éveillera serein.

Nulle nuit n’est si sombre
ni mort n’est souveraine,
ni tenaces ces chaînes
que cela nous arrête
que cela te retienne

Mandela, que t’accueillent nos mains,
Mandela, que ce jour soit le tien.

Mandela
que s’éteignent les bruits
Mandela
Mandela de la vie.

(texte écrit en collaboration avec Sergio Ortega qui a composé la musique de cettte berceuse).

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