Archive de la catégorie ‘actualités’

Festival international de poésie de Medellin du 23 au 30 juin 2012

Mercredi 8 août 2012

Festival international de poésie de Medellin du 23 au 30 juin 2012 festival-Medellin

Du 23 au 30 juin, j’étais invité au festival international de poésie de Medellin. Avec Richard Borhinger, nous étions deux poètes français. En tout soixante-dix poètes étaient invités, beaucoup des nations indiennes. Un événement unique.

Plus de 4 000 personnes à la soirée de clôture pour écouter les poètes pendant plus de quatre heures. Un public jeune, connaisseur, attentif. Des lectures dans des quartiers populaires, des bibliothèques, des villages, des centres culturels. Merci à Fernando Rendon et à toute son équipe pour cette fête mondiale de la poésie.

Voir le festival de poésie de Medellin

 

Avec-Richard

Lectures à Medellin

Samedi 23 juin : ouverture, lecture de Avenir

Dimanche 24 juin : Il faut de tout pour faire un monde

Lundi 25 juin : Sur la liberté

Mardi 26 juin : FacilePoème sur le Mexique

Mercredi 27 juin : Alléluia pour une chaussure

Jeudi 28 juin : Les Réalisations du capitalisme

Vendredi 29 juin : Petit nuage dans le ciel de CubaLa sieste habanera

Samedi 30 juin : Clôture avec Le Peuple

Lecture de Richard Borhinger

Lundi 25 juin : Extrait de Mendy

 

 

 

 

 

Marché de la poésie 2012

Samedi 9 juin 2012

Je serai présent au 30e Marché de la Poésie

du jeudi 14 au dimanche 17 juin 2012

place Saint-Sulpice Paris 6e

Signature de mon recueil

La Barque du Pêcheur

au stand d’Al Manar

vendredi 15 juin à 15 heures

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Extrait de la Barque du pêcheur

Dimanche 27 mai 2012

Voici le poème par lequel s’ouvre

ce nouveau recueil.

Avec une pensée pour nos amis Algériens,

à l’occasion du cinquantième anniversaire

de la fin de la Guerre et de la proclamation

d’indépendance de l’Algérie.

 

Extrait de la Barque du pêcheur baie-d-alger-255933

Un pêcheur dans les rues d’Alger

          à Tahar Ouettar

1

Du balcon de ma chambre à l’hôtel Albert 1er
je regarde le port à cinq heures du matin
Tout est rose bleu pâle et gris
comme en lévitation
Sur la mer
C’est l’heure la plus calme
Les pigeons d’Alger
par grandes laisses
comme s’ils jaillissaient
du sac invisible d’une semeuse
aux mains de vent
viennent se poser à quelques mètres de moi
entre les coupoles
sur le toit de la Grand Poste
C’est l’heure des rêveries
la petite aube de la millième nuit
Sur le rebord de ma fenêtre
contre le volet de bois bleu
décoloré par le soleil
un djîn s’est perché
Accroupi au coin de la balustrade
il tire sur une cigarette très fine
(Il a des mains de paysan)
Personne ne le remarque
mais je vois distinctement
qu’il se moque
de l’étranger volant sur son tapis persan
C’est l’heure de la prière
Du haut de son minaret
le muezzin lance
– par haut parleur
son premier appel
et nul ne s’émeut
Passe un taxi
un homme défait un paquet
(tranquille comme un poseur de bombes)
puis dispose dans le kiosque
les journaux
avec leurs brassées de nouvelles fraîches
qu’il s’apprête à distribuer

2

En fin d’après-midi
j’ai remonté la rue Ben M’Hidi
(torturé et tué
par les hommes de Massu)
J’ai remonté la rue
vivier ensoleillé
où les femmes sont des amphores de soie
la rue où les hommes sont des parchemins oubliés
évadés d’une très ancienne bibliothèque
nobles et ridés
« Ici, m’as-tu dit
les Arabes
n’ont pas
des têtes d’immigrés »
Partout courent des enfants
écolières à tablier
aux sourires de fleurs
et garçons rieurs
à la tête rasée
Et quand ils nous croisent
dans leurs yeux je ne lis
aucun regard de haine

Alger, belle étrangère
femme de terre aux reins cambrés
paisible et fière
Ceux qui ont gagné
n’ont aucune rancune

Mosqu%C3%A9e-Alger

3

Dans la nuit du Mouloud
de la terrasse au béton défoncé
sous la treille des amis
j’écoute le monôme des pétards
et contemple le ballet des étincelles
les feux de Bengale des enfants
qui font tournoyer
aux balcons des cités surpeuplées
des tampons Jex enflammés…
(Soleil tournant
l’avenir
leur brûle entre les mains)

Alger, tes habitants
entre deux temps,
entre deux portes vivent
et flottent les drapeaux
au vent qui les emporte.

4

(Puis nous avons marché dans la Casbah
dans les pas de notre ami
le poète arabe
un sage mécréant
connu ici comme le loup blanc
ou le renard des sables)

Mon ami l’Algérien qui fait l’aveugle dans la rue
et donne des coups de canne
dans l’air blanc du matin
Les jeunes gens assis contre les murs
surpris
s’écartent de nous
comme un banc de poissons
puis reviennent au soleil

(les poètes sont des fous
qui ont de l’éducation)

La rue est un vivier surchauffé
les hommes, des animaux marins

(la fatigue du Tiers monde
est une algue indolente et carnivore
Elle pousse au fond des yeux)

Les cafés sont pleins d’hommes
qui boivent de l’eau

Un cul-de-jatte
dans un caisse en bois
descend du trottoir

l’Histoire n’est qu’un vieux corps couvert de cicatrices

Un peu plus bas
vers la Place des Martyrs
les arbres paraissent à leur place
les bancs publics aussi
(Les arbres sont en paix avec le monde)
Ils mériteraient
d’être traités
au rang d’ambassadeurs
et d’être pensionnés
Ils donnent à Alger
un faux-air de Marseille
Marseille, la ville sœur
qui dort ou fait l’amour
qui trafique et qui saigne
de l’autre côté du miroir
convexe de la mer
chauffé à blanc
et posé sur un trépied de fer

Ensemble
au moins une fois
Mon ami l’Algérien
nous redescendrons
des hauteurs de Hydra
jusqu’à la Pêcherie
Nous retournerons
vers le bas-ventre de la ville
nous pénétrerons
dans les tavernes accotées à la mosquée
sous le sourcil ombrageux des arcades
dans l’odeur de la crevette
l’urine et la chaleur
le Royaume de la Daurade
le sexe de la ville

casbah-alger-photo

5

Pris dans un embouteillage
rue Didouche Mourad
je tape sur la portière de la vieille 4L
comme font les pêcheurs
sur les flancs de leurs barques
pour débusquer les poissons
qui se cachent sous le bitume

Alger, mon étrangère
ma belle hôtesse, ma familière
Ton voile traîne dans la poussière
Et moi pauvre pêcheur de mots
dans tes rues je suis
comme un poisson dans l’eau

Quant à toi
ma femme qui me nargues
(sans le savoir peut-être)
marchant à mes côtés
avec ce poisson d’or
qui danse sur ton cou
et dont je suis jaloux
Prends garde à mes filets
Pour toi
ma Pécheresse
je me ferai pêcheur.

 

La barque du pêcheur aux éditions Al Manar – Sortie pour le Marché de la poésie

Dimanche 27 mai 2012

La barque du pêcheur aux éditions Al Manar - Sortie pour le Marché de la poésie couv-La-barque_couv-La-barque-1

 

Mon nouveau livre de poèmes vient de paraître aux éditions Al Manar.

Ce volume, intitulé La Barque du pêcheur, réunit les poèmes-reportages écrits lors de différents voyages dans le monde arabe :
– L’Algérie (c’est la suite poétique qui donne son
titre à l’ensemble)
– l’Irak, (quelques mois avant la dernière guerre, il participait à l’initiative d’un groupe d’intellectuels
français qui ont violé l’embargo aérien)
– La Palestine, (écrit à l’occasion d’une tournée de lectures avec les poètes palestiniens dans les territoires occupés)
– L’Égypte (lors d’un voyage sur le Nil)
– le Liban (l’occasion d’une réflexion sur les troubadours et les rapports Orient-Occident)
– la Syrie (avant le drame actuel et depuis)…

Dans ces poèmes, je ne partage pas l’opinion de Mallarmé qui nommait avec un certain dédain «l’universel reportage » . Pour moi, la poésie est provoquée par les rencontres inattendues du monde réel ; la réalité est multiple, infinie et passionnante.

Je reprendrais volontiers à mon compte la formule de Goethe qui disait que tous ses poèmes étaient des poèmes de circonstance. mais si le poème est provoqué par les événements de la vie, il permet de réorganiser les impressions, les idées, les émotions pour produire un sentiment du monde. et par l’alchimie simple d’un regard sensible et aussi lucide que possible, par la vertu de l’image, il dit le malheur et produit de la joie.

Ces poèmes ne sont en effet pas simplement reportages ; ce sont des chants amoureux du monde qui
disent à la fois l’altérité et la communauté, le lien profond des peuples de la méditerranée et singulièrement
celui qui relie la culture française au monde arabe et à sa poésie.

Le livre est accompagné de trois dessins originaux d’Edmond Baudoin.

Post scriptum au voyage grec : un poème lu à l’institut français d’Athènes

Lundi 21 mai 2012

Procuste

Sur la route près d’Athènes
Il offrait l’hospitalité aux voyageurs
Puis les attachait sur un lit de fer.
S’ils étaient trop grands
Il coupait tout ce qui dépassait.
S’ils étaient trop petits
Il étirait leurs membres
Jusqu’à briser os et ligaments.

Qui prétend que l’antique culture grecque
Est oubliée et méprisée ?
Aujourd’hui Procuste serait
Commissaire européen ou bien banquier.

Post scriptum au voyage grec : un poème lu à l'institut français d'Athènes Th%C3%A9see-et-Procuste

La Fête aux Buttes Chaumont

Dimanche 3 juillet 2011

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La fête au Temps des Cerises

Le temps des cerises a pris rendez-vous avec l’été
Nous nous sommes posés comme une volée d’oiseaux
sur la pelouse des Buttes Chaumont
près du Rosa Bonheur.
Du haut de la colline, nous dominions Paris
dans la lumière du soir
(nous dominions mais n’écrasions personne
pas même les insectes qui s’ébattent sur le sol).
Nous avons déposé sur l’herbe nos grandes nappes rouges et noires
comme des drapeaux de pirates et de révolutionnaires,
quelques livres, quelques victuailles et quelques bouteilles.
Chacun a apporté ce qu’il voulait

            ce qu’il pouvait

                        et nous avons partagé.
(Car telle est notre idée du bonheur commun

                        dans la société future).
A notre Déjeuner sur l’herbe
il n’y avait pas de monsieur en costume

            ni de dame plantureuse et nue
mais un romancier

            un ingénieur

                        un postier

                                   un économiste égyptien
une électricienne

            une employée de bureau

                        une comptable
des retraités

                        et des étudiantes
un pique-assiette avec deux chiens
un amoureux perdu avec une rose fanée
un ou deux peintres sans chevalets
un physicien
en ébullition comme la cornue d’un chimiste
un chanteur et un guitariste
et des poètes
aussi nombreux que les bouteilles…
Nous avons dit des poèmes et bu
en l’honneur de Jean-Baptiste Clément
Omar Khayyam,
Li Taï Po,
Abu Nuwas,
Villon, Ronsard, Rimbaud, Verlaine, Apollinaire et Brecht…
Et nous avons chanté
« Juste, a dit le chanteur,

            car nous chantions ensemble ».
Des jeunes filles assises en rond
ont appris de nouvelles chansons
(qui sont d’anciens chants révolutionnaires)

                        parce que c’est de leur âge.
Puis nous les avons suivies
et avons repris leur chant

                        parce que c’est de notre âge.
Le pique-nique de notre brigade fraternelle
a connu un succès prometteur.
(Ce n’était pas un pique-nique géant

                        mais il deviendra grand…)
Il n’y a que toi qui manquais.

La prochaine fois,
                        tu viendras.
Nous nous allongerons côte à côté sur l’herbe
au sommet de la colline,
nous regarderons le soleil se coucher sur Paris
et
(puisque la poésie moderne
recycle les images du passé et leur redonne une jeunesse)
nous boirons
     à la coupe de nos lèvres
  dans la douceur du crépuscule
            la clarté mordorée du ciel
                          lentement
                                   comme un vieux rhum.

le 2 juillet 2011

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Jeudi 2 juin 2011

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le 15 juin prochain, à 19 heures, place du colonel Fabien, se tiendra une soirée d’hommage au poète Jacques Gaucheron, avec Jean-Pierre Siméon, Roger Bordier, Charles Dobzynski, René Trusses, Denis Pérus, Francis Combes. Poèmes, chants, musique, buffet et verre de l’amitié.

 

Le pommier du poète

pour Jacques Gaucheron

 

J’ai revu le pommier que tu avais planté
sans savoir si un jour tu en aurais les fruits
sur la hauteur
au-dessus de la Seine
où de tes mains
tu as bâti ta maison
Poète de la parole, de la pensée et du geste
tu l’avais planté là
pour succéder au pommier de plein vent
que tu as chanté
et qui est mort.
Tu l’as planté parce qu’il faut que tout continue,
la vie, les arbres,
et la parole buissonnante des hommes
toujours en quête du printemps.
Bien sûr
tu ne m’entends pas,
            même si toi tu nous parles
            et que nous t’écoutons
arrêté pour toujours sur le seuil de tes poèmes.
Tu ne m’entends pas mais je veux te dire
que ton pommier a belle allure.
Anne et toi, tout un plein jour, vous aviez creusé
dans l’obscur, la caillasse et l’humide
pour qu’il trouve ses aises
et qu’il puisse grandir sur la colline
            dans un rêve de clarté.
Je l’ai connu dans sa jeunesse
quand tu l’avais harnaché de cordages
haubané comme un voilier
pour qu’il prenne le large au-dessus de la Seine
Appareillé,
non pas comme une machine volante
pour monter dans les étoiles de la fantasmagorie
mais comme un arbre sur la Terre
pour que ses branches prennent la forme de l’accueil
l’aubaine de la main, doigts écartés, feuilles écarquillées
qui protège le regard de trop de lumière
car la maison doit être édifiée
l’enfant élevé
et l’arbre greffé et éduqué
pour faire la nature humaine.
(Beauté et liberté naissent dans les fers)

Ce pommier te va bien, Jacques,
homme des plaines, poète terrestre,
qui étais « à tu et à toi » avec l’arbre
qui se dresse à fleur de ciel…
Ce pommier te va bien,
qui se défie de l’exotisme à la beauté convulsive
mais travaille dans la patience de la sève
à l’explosion des floraisons.
Comme toi,
toujours inquiet de la germination invisible du futur.
(« le révolutionnaire,
- tu te souviens de ce que disait Marx -
doit entendre
l’herbe qui pousse… »)

Il te va bien, cet arbre, Jacques,
toi qui ne cultivais pas le mystère
mais l’émerveillement de vivre.
Appartenant à la grande famille des rosacées,
des pommiers, il en est de toute sorte…
Il en est même qui sont épineux.
Ce qui n’est pas le cas du tien.
(Mais toi, qui, avec une bande de compères
avait crée le club de l’épigramme
  tu pouvais, si tu voulais,  piquer.)
Ton pommier, Jacques, a le tronc droit et rugueux
(comme toi, qui pouvais aussi être rugueux parfois)
et il a comme toi maîtrise de la délicatesse.
Il médite dans le silence la plénitude du fruit
(qui « rondine » dans les vergers
disait l’ami Couté).
La pomme, une joue à embrasser
dans l’enjouement du poème,
chair laiteuse du bonheur,
monde rond à partager…
Bien sûr, c’aurait pu être un cerisier
que nous aurions, de temps en temps,
déshabillé ensemble de ses perles de sang.
Mais c’est un pommier
et ce n’est pas indifférent
car il y a une sagesse révolutionnaire du pommier :
Arbre de la connaissance,
le pommier qu’on nomme en latin « malus »,
            bel arbre du péché de se passer de dieu
            pour devenir enfin
hommes et femmes sur la Terre.
(L’image ancienne renouvelée enfin changée en bonne nouvelle)
La raison et le plaisir des sens
enfin réconciliés
dans ton poème
comme dans la pomme
qui n’est pas qu’un symbole.
(Pour être utile
et vivre en beauté
il suffit d’aimer
et c’est un long apprentissage)
Il te va bien, cet arbre à la tête frémissante
de pensées secrètes
qui fait front aux orages
Résistant
naturellement,
sans forfanterie
Arbre à contre-vent,
à contre-nuit
qui parle à voix basse
et connaît les mots de passe du printemps.
Arbre planté dans sa terre
mais accueillant à tous les vents migrateurs,
aux oiseaux de passage
et à leurs chants impertinents
patient même
avec leurs piaillements…
Il y a une sagesse du pommier, une leçon du pommier.
Même tordu et mutilé,
il se redresse vers la lumière ;
simple leçon de dignité,
l’art de se tenir droit
à quoi se résume parfois
le poème de la vie.
J’ai revu le pommier que tu avais planté
pensant peut-être n’en jamais voir les fruits
devant ta maison
où tu as bâti ton chant
à main d’homme
d’une truelle musicienne
légère comme une feuille…
Des fruits, avec Anne, tu en as cueilli quelques-uns…
Tu nous en as offerts…
Et s’il en est qui tombent dans l’herbe et qui pourrissent,
ne sois pas inquiet…
Bien des fruits que nous avons produits et voulions partager
n’ont pas trouvé preneur…
Bien des idées
ont été jetées comme de vieux trognons
dans le fossé, sur le bord du chemin…
Mais le pépin de la parole porte toujours promesse d’aube
et nous emporterons dans notre besace
les belles pommes
de ton pommier.

Francis Combes – le 21/V/2011

 

Rondeau, villanelle et triolet

Lundi 7 juin 2010

Trois chansons anciennes

sur un thème toujours actuel

 

 

Rondeau

(qui n’est pas de faire rond le dos)

 

A quelque chose malheur est bon
Hiver lui-même a ses raisons

Cette chanson tourne en ma tête
Dans les frimas Printemps s’apprête

 

Un doux printemps toujours en tête
Je vais, je fredonne et répète :
A quelque chose malheur est bon
Hiver lui-même a ses raisons

 

Ce n’est ni l’air ni la chanson
Morose de Résignation.
(Plus que nos victoires et fêtes,
Nous en apprennent nos défaites…)
A quelque chose malheur est bon.

 

 *

 

Villanelle des vilains

 

Il en est tant qui sont las
Et veulent abandonner…
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

Des méchants coups, des coups bas,
De la grêle sur les blés,
Il en est tant qui sont las…

 

Et voudraient tout planter là.
(Qui pourrait les en blâmer ?)
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

De voir leur mur mis à bas
Et leur récolte incendiée,
Il en est tant qui sont las…

 

Qui ne le comprendrait pas
S’ils veulent parfois s’arrêter ?
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

Ah ! Ne baissons pas les bras,
Par beau temps ou temps mauvais.
Il en est tant qui sont las…
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

 *

 

Triolet de notre seule vertu

 

Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais nous ne laissons tomber
Même par terre et sur le cul
Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais ne s’avouer vaincu
Se relever et résister
Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais nous ne laissons tomber.

 

Réponse à un contradicteur

Dimanche 4 avril 2010

Un contradicteur n’a pas aimé mon « joli poème » sur Aubervilliers. Ce contradicteur trouve que l’immigration d’hier était justifiée, (car il y avait du travail) mais que celle d’aujourd’hui est intolérable. A ceux qui raisonnent comme lui, je dédie ce petit poème :

Fils d’immigrés
arrivés ici il y a longtemps
tu ne supportes pas
les immigrés
nouvellement arrivés.

Bien sûr, hier, tout était mieux qu’aujourd’hui…
Les jeunes, en particulier, ne sont plus ce qu’ils étaient…

Pourtant, hier déjà,
les Bougnats, les Boches d’Alsace et de Lorraine,
les Ritals, les Pingouins, les Bougnoules,
les Peaux de Boudin et les Niaquoués
venaient manger le pain des bons Français

Ces bons Français
qui se faisiaent violence
pour les exploiter.

 

Poésie d’utilité publique

Dimanche 9 novembre 2008

Poésie d'utilité publique Francis-Medellin

Depuis toujours, je défends l’idée que la poésie, même si elle est une activité savante, n’est pas réservée par principe à un petit groupe de spécialistes. Elle naît de l’usage que les peuples font de leur langue. Elle ne vit que parce qu’elle est mise en commun. Écrire un poème, comme chanter, peindre ou cuisiner est une façon de partager son plaisir. Pour moi la poésie est une fabrique de bonheur, un transformateur électrique qui convertit nos sentiments et nos idées en énergie. Elle est une façon d’être de plain pied dans le réel, sans s’accommoder de l’état des choses. Elle est à la fois la conscience et l’utopie du monde. Parole intime, elle est d’utilité publique.

 


 

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