Archive de la catégorie ‘actualités’

Rondeau, villanelle et triolet

Lundi 7 juin 2010

Trois chansons anciennes

sur un thème toujours actuel

 

 

Rondeau

(qui n’est pas de faire rond le dos)

 

A quelque chose malheur est bon
Hiver lui-même a ses raisons

Cette chanson tourne en ma tête
Dans les frimas Printemps s’apprête

 

Un doux printemps toujours en tête
Je vais, je fredonne et répète :
A quelque chose malheur est bon
Hiver lui-même a ses raisons

 

Ce n’est ni l’air ni la chanson
Morose de Résignation.
(Plus que nos victoires et fêtes,
Nous en apprennent nos défaites…)
A quelque chose malheur est bon.

 

 *

 

Villanelle des vilains

 

Il en est tant qui sont las
Et veulent abandonner…
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

Des méchants coups, des coups bas,
De la grêle sur les blés,
Il en est tant qui sont las…

 

Et voudraient tout planter là.
(Qui pourrait les en blâmer ?)
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

De voir leur mur mis à bas
Et leur récolte incendiée,
Il en est tant qui sont las…

 

Qui ne le comprendrait pas
S’ils veulent parfois s’arrêter ?
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

Ah ! Ne baissons pas les bras,
Par beau temps ou temps mauvais.
Il en est tant qui sont las…
Ores, Vilains ne lâchent pas !

 

 *

 

Triolet de notre seule vertu

 

Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais nous ne laissons tomber
Même par terre et sur le cul
Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais ne s’avouer vaincu
Se relever et résister
Nous n’avons qu’une seule vertu
Jamais nous ne laissons tomber.

 

Réponse à un contradicteur

Dimanche 4 avril 2010

Un contradicteur n’a pas aimé mon « joli poème » sur Aubervilliers. Ce contradicteur trouve que l’immigration d’hier était justifiée, (car il y avait du travail) mais que celle d’aujourd’hui est intolérable. A ceux qui raisonnent comme lui, je dédie ce petit poème :

Fils d’immigrés
arrivés ici il y a longtemps
tu ne supportes pas
les immigrés
nouvellement arrivés.

Bien sûr, hier, tout était mieux qu’aujourd’hui…
Les jeunes, en particulier, ne sont plus ce qu’ils étaient…

Pourtant, hier déjà,
les Bougnats, les Boches d’Alsace et de Lorraine,
les Ritals, les Pingouins, les Bougnoules,
les Peaux de Boudin et les Niaquoués
venaient manger le pain des bons Français

Ces bons Français
qui se faisiaent violence
pour les exploiter.

 

Poésie d’utilité publique

Dimanche 9 novembre 2008

Poésie d'utilité publique Francis-Medellin

Depuis toujours, je défends l’idée que la poésie, même si elle est une activité savante, n’est pas réservée par principe à un petit groupe de spécialistes. Elle naît de l’usage que les peuples font de leur langue. Elle ne vit que parce qu’elle est mise en commun. Écrire un poème, comme chanter, peindre ou cuisiner est une façon de partager son plaisir. Pour moi la poésie est une fabrique de bonheur, un transformateur électrique qui convertit nos sentiments et nos idées en énergie. Elle est une façon d’être de plain pied dans le réel, sans s’accommoder de l’état des choses. Elle est à la fois la conscience et l’utopie du monde. Parole intime, elle est d’utilité publique.

 


 

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