Archive de la catégorie ‘actualités’

Poème à la fenêtre

Mardi 24 mars 2020

La Factorie, maison de poésie de Normandie, publie chaque jour la vidéo d’un poème jeté par la fenêtre dit par son auteur ou un acteur.

Vous pouvez retrouver le mien en cliquant ici.

Il est extrait de mon recueil paru en 2013, Si les symptômes persistent consultez un poète.

journal de confinement 1

Jeudi 19 mars 2020

pissenlits

 

Le printemps a cogné à la vitre
Dans la pelouse les pissenlits clignent de l’œil
L’enfant qui n’a rien fait est consigné chez lui
Seuls les oiseaux échappent au confinement
La police court après deux jeunes
Et dans la ville déserte et silencieuse
On pourrait presqu’entendre le cri d’un sans abri.

Lettre d’amour, poste restante et Billet doux pour une amazone

Dimanche 8 mars 2020

Un de mes recueils de poèmes vient

de paraître à La Passe du Vent.

Lettres d’amour, poste restante

Il sera présenté dans le cadre du

Magnifique Printemps (programme)

organisé par l’Espace Pandora

à Lyon et dans les environs,

les 15 et 16 mars 2020.

 

Livres FC

 

Petit extrait pour le 8 mars :

Billet doux pour une amazone


Amazones

La connais-tu la légende des Amazones
qui se faisaient couper un sein
pour mieux tirer à l’arc
quand elles montaient à cheval ?
Toi, mon Amazone,
s’il te plaît,
ne fais pas comme elles.
je te préfère entière
et même avec deux seins
tes flèches
m’atteignent en plein cœur.

Écouter ici

 

La leçon des oiseaux migrateurs

Dimanche 16 février 2020

Oiseaux migr

L’hiver a oublié de passer par chez nous
Pissenlits, pâquerettes poussent en février
Et dans le ciel déjà les oiseaux migrateurs
Font le V victorieux du retour vers le nord

(Tant de douceur inquiète mais c’est peut-être à tort)

Les grues et les cigognes ne suivent pas un chef
On dit qu’elles se relaient pour affronter les vents
Chacune étant portée aux courants ascendants
Par le battement d’ailes du commun mouvement

Les oiseaux migrateurs ne suivent pas de chef
mais tous prennent appui sur l’appel d’air qu’ils font
côte à côte en volant affrontant tour à tour
dans les hauteurs la pression de la transparence

le plafond de verre qu’ils percent et traversent

(Ainsi de temps en temps, levant les yeux au ciel,
Il pourrait nous venir des idées pour la Terre…)

le 15/02/2020


oiseau migr

La Ballade de Bobby Sands

Mardi 11 février 2020

Disque Bobby1

Le score du Sinn Fein nous rappelle un bien triste événement.

Comment ne pas penser à Bobby Sands, mort à 27 ans, après une grève de la faim de 66 jours dans la prison de Maze.

Il était membre de l’IRA provisoire et député à la Chambre des communes du Royaume-Uni du 9 avril au 5 mai 1981 (élu alors qu’il est en prison), date de sa mort. A sa demande de reconnaissance des prisonniers politiques, le premier ministre de l’époque, l’infâme Margaret Thatcher, déclarait : « Nous ne sommes pas prêts à accorder un statut spécial catégoriel pour certains groupes de gens accomplissant des peines en raison de leurs crimes ou délits. Un crime ou un délit est un crime ou un délit et seulement cela, ce n’est pas politique. » Honte à Thatcher qui l’a laissé mourir ainsi que ses camarades.

Le résultat du Sinn Fein aux élections sonne comme une belle revanche.

J’avais écrit une chanson en 1981 sur cette abomination : La Ballade de Bobby Sands. Une belle interprétation de Mireille Rivat.

Cliquer ici pour l’entendre


La Ballade de Bobby Sands

Juste après deux heures dans la nuit
son cœur s’est arrêté.
Alors soudain se fait un grand silence.
Les soldats de l’Empire
britannique se terrent
serrés les uns aux autres
dans leurs cercueils de fer.
Big Ben se tait.
St George la honte au front se retire.
À Westminster dans les salons
même les fauteuils font le dos rond.
La nuit d’Irlande se tient debout
derrière une momie nommée Thatcher ;
pour elle il est toujours cinq heures
elle boit son thé avec des gâteaux
secs trempés dans le sang.
Flottant sur le thé les yeux aveugles de Bobby Sands
sont du plus mauvais effet.
On croque en silence le petit doigt levé
des lambeaux de peau noircie.
l’Internationale des lâches
est invitée pour le goûter
mais les os, c’est dur à avaler.
Dans la rue, les enfants de Belfast
portent leurs cheveux verts
des jours de colère
leurs cheveux d’herbes folles qui conquièrent les collines
au-dessus de la mer
et dans leurs mains ils serrent
comme des grenades
des mottes de leur terre.

 
Huma

Éloge de la colère

Dimanche 9 février 2020

lionne

Il est sage parfois de se mettre en colère
Si tu ne veux, ma foi, servir de paillasson
Moi qui ne suis guère enclin à la colère
Il m’arrive des fois de changer de chanson !

Nous vivons dans un temps, un monde, un univers
Où pour certaines gens, il n’est d’autre façon…
Tu te montres trop bon, te la font à l’envers
Pour te faire respecter, tu dois changer de ton

La chose est malheureuse, regrettable ; c’est clair
Mieux vaudrait entre humains vivre d’autre façon
En finir pour de bon avec la loi, la guerre

Et les rapports de force qui ne me plaisent guère
Mais pour certains, hélas, c’est la seule leçon
Chiens remis à leur place se changent en moutons…

Gilets jaunes colère

Un fossile pour les temps présents

Mardi 28 janvier 2020

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Dans le ciment frais du trottoir
un oiseau a laissé son empreinte
comme un fossile improvisé,
preuve qu’il y a encore
de la vie sur Terre
et des oiseaux en ville.

« Mon père est un peu fou », se dit mon fils
(lourde hérédité…
plus lourde
que l’héritage ne le sera jamais)

Mais ces choses sans importance
ont une valeur pour moi.

C’est par elles
que nous parle à l’oreille
la ville bruyante
et muette,
la ville aux milliers de têtes
et qui n’a pas de tête
la ville qui parle des centaines de langues
et qui n’a pas de langue

C’est par elles qu’elle nous crie
ou qu’elle nous murmure
son histoire secrète

Ou que nous allions
par les rues de notre cité
la ville nous raconte
une histoire d’abandon

Il y a partout sur les trottoirs
des choses que les gens laissent traîner
un matelas,
un pack de lait crevé,
une roue de vélo,
une télé…

Dans ce pays
où tant de choses manquent à tant de gens
tout déborde
tout se répand devant les portes
les poubelles
les containers pour le verre
les entrepôts et les commerces

Les détritus s’amoncellent
et menacent l’existence
frêle de la fleur de pissenlit
de la beauté
et de la vie

Mais dans le ciment frais du trottoir
un oiseau a laissé son empreinte
comme un fossile improvisé,
preuve qu’il y a encore
de la vie sur Terre
et des oiseaux en ville.

le 26/01/2020

Das Lied von der Moldau – Bertolt Brecht

Samedi 18 janvier 2020

Brecht

Le Chant de la Moldau

Au fond de la Moldau roulent les galets
Trois empereurs dans Prague gisent enterrés.
Nul grand ne reste grand, ni petit le petit.
La nuit compte douze heures et puis voici le jour.

Changent les temps. Et les plus gigantesques plans,
Des puissants  à leur tour finissent par échouer.
Et qu’ils s’en aillent, paradant, comme des coqs sanglants,
Changent les temps ; nulle puissance n’y peut rien.

Au fond de la Moldau roulent les galets
Trois empereurs dans Prague gisent enterrés.
Nul grand ne reste grand, ni petit le petit.
La nuit compte douze heures et puis voici le jour.

Trad. Francis Combes
Galets

Das Lied von der Moldau

Am Grunde der Moldau wandern die Steine
Es liegen drei Kaiser begraben in Prag.
Das Große bleibt groß nicht und klein nicht das Kleine.
Die Nacht hat zwölf Stunden, dann kommt schon der Tag.

Es wechseln die Zeiten. Die riesigen Pläne
Der Mächtigen kommen am Ende zum Halt.
Und gehn sie einher auch wie blutige Hähne
Es wechseln die Zeiten, da hilft kein Gewalt.

Am Grunde der Moldau wandern die Steine
Es liegen drei Kaiser begraben in Prag.
Das Große bleibt groß nicht und klein nicht das Kleine.
Die Nacht hat zwölf Stunden, dann kommt schon der Tag.

Bert. Brecht (« Schweyk im Zweiten Weltkrieg »)

IMG_0049 (modifié)

Une histoire de fesses exemplaire

Samedi 11 janvier 2020

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Une histoire de fesses exemplaire*

(poème didactique)

Cette histoire se passe, il y a longtemps… Ailleurs…
Les années quatre-vingt… (C’était avant Mee Too).
Dans l’Est de la France, pays d’étranges mœurs,
loin d’Hollywood, des frasques de son Manitou.

« Un Picon-bière, pour la une, et un café-noisette !
Un pastis pour la deux, avec des cacahuètes ! »
Chaque fois que Marie revient vers le comptoir
pour vider son plateau ou prendre un petit noir
elle redoute une main baladeuse… Freddo,
le patron, aime trop (« Aïe ! ») le bas de son dos.

Il est des hommes qui, croisant une paires de fesses,
à défaut d’y croquer, non seulement, se rincent
l’œil, mais, esquissant une furtive caresse
y portent la main, ou chose étrange, les pincent.

main aux fesses

Bien qu’ayant ce qu’il faut pour faire une starlette
Marie se fiche pas mal de Los Angeles
Elle en a surtout marre d’avoir des bleus aux fesses
Et qu’on la prenne pour une espèce de côtelette
Alors, elle décide d’en parler avec ses potes
Et les voici un soir, dans un bar, qui complotent.

(Quand vous passez devant l’étal d’un épicier
et que vous trouvez appétissante une pomme
vous n’allez pas d’ordinaire, brutal, vous jeter
dessus. Et, de plus, les femmes, ne sont pas des pommes !)

Marie s’est fait porter pâle… Plus de serveuse.
… « Un lait-fraise en terrasse et une bière mousseuse ! »
C’est Freddo qui s’y colle et qui fait le garçon.
Mais chaque fois qu’il passe, une fille, un garçon,
ignorant les façons des gens civilisés,
cyniques, sans pitié, lui pincent le fessier.

C’était avant que « la parole se libère »
Mais déjà des femmes ne se laissaient pas faire
Et elles préféraient l’action à la délation
(Plutôt mal vue en France depuis l’Occupation…)
La morale de cette exemplaire histoire de fesses,
de cette histoire vraie, sans princes ni princesses
qui pourrait s’être passée n’importe où, en somme,
c’est que toutes les femmes ne sont pas des pommes.

pince fesse2

* Inspiré par l’initiative qu’avait prise un cercle de la Jeunesse communiste.


Romance pour une enfant à naître

Jeudi 26 décembre 2019

Noël 2019

Depuis, notre petite fille, Anacaona, est née le 1er décembre 2019 et vient de fêter son premier Noël.

 

Romance pour une enfant à naître

Nous t’avons vu paraître à la fenêtre
entourée par la nuit de l’échographie
paisible dans ton sommeil d’enfant à naître
avec comme un rêve de sourire qui fleurit

au bord des lèvres, blottie dans ta capsule
en apesanteur vers quel voyage terrestre
sur la planète étrange de tes ancêtres
penchant sur toi leur tête de campanules

leur calice prêt à recueillir ton soleil
qui éclairera  cette terre enchantée
cette terre blessée, toujours en chantier,
à faire et défaire, pays des merveilles.

Anacaona écho août 2019

Nous te guiderons, quelques pas, sur la route
et puis tu fleuriras et tu aimeras,
Ayant fort à faire, tu essaimeras
tu connaîtras des joies, des peines, des doutes

Tu franchiras des mers pas toujours étales
tu arpenteras le ciel bleu des Terriens
au cours d’un voyage dont nous ne savons rien
en semant derrière toi graines et pétales

pour fleurir de plates-bandes les déserts.
Nous t’accompagnerons un bout de chemin
et puis un beau jour tu lâcheras nos mains
et nous, nous te suivrons, de loin, dans les airs.

Yannis

le 24/IX/2019

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