Archive de la catégorie ‘poème du jour’

Lectures à Montpeyroux

Dimanche 20 septembre 2009

montpeyroux.jpg

 

Visite à Montpeyroux, près de Lodève, chez les amis Georges et Nicole Drano, au milieu des vignes et des oliviers, au moment où débutaient les vendanges. Et lecture de poèmes, avec Guy Allix et son copain musicien, Olivier Mellisse. Belle rencontre. Voici quelques uns des poèmes lus à cette occasion :

Gérer

Aujourd’hui
le vocabulaire de l’économie
a tout envahi.
On gère sa vie
sa  carrière
ses amours
ses peines de cœur
ses enfants
son divorce
son sport favori
sa migraine
sa surcharge pondérale
son souffle au cœur
sa dépression
et son cancer
et, comble du malheur
pour les bons petits gestionnaires
que nous sommes devenus,
à la fin
infailliblement
on fait faillite.

 

 

La prosopopée des chaises

Vous ne dites rien, vous restez là, toute la journée,
coi et buté dans votre coin.
Vous êtes une chaise.
Vous avez la tête… dure, on dirait du bois, vous êtes émotif…
sentimental comme un moulage plastique, sensible à la beauté comme un tube d’acier ;
ce qui est normal
puisque vous êtes une chaise.
Vous êtes d’une patience à toute épreuve, vous ne faites pas de politique, vous n’avez d’ailleurs aucune opinion personnelle sur aucun sujet particulier,
car vous êtes une chaise.
Vous tournez obstinément le dos à l’étranger qui entre dans la  maison, vous regardez  la table de la salle à manger, comme si vous aviez peur qu’on vous la vole,
vous êtes étroit et raciste.
Vous êtes une chaise.
Vous passez votre temps à quatre pattes, prostré là où on vous a posé,  dans la cuisine ou le salon,
vous n’avez pas de revendication,
vous faites votre boulot sans l’ouvrir, jusqu’au jour où malencontreusement vous vous cassez une patte,
alors on vous jette ;
car vous n’êtes qu’une chaise.
Si vous aviez fait des études, si la fortune vous avez souri, vous auriez pu prétendre au rang de siège.
Mais vous n’êtes qu’une chaise.
Vous prenez des airs distingués, vous vous tenez toujours droit,  vous êtes particulièrement guindé et collé monté,
mais n’importe quel cul peut se poser sur votre nez,
vous ne protestez jamais.
Je crois que vous êtes une chaise.
En fait,
Vous êtes sourd et idiot.
(Peut-être bien que vous êtes une chaise.)
On vous a vu dans une taverne
chevauché par des soudards dansant une ronde endiablée autour de la pièce,
vous ne vous souvenez bien sûr de rien
vous ne connaissez pas l’Histoire.
Vous êtes une chaise.
Vous avez oublié le bruissement des forêts, les confidences de l’humus, le cri du geai,
vous ne connaissez rien de la nature.
Vraiment, vous êtes une chaise.
Pour vous le monde est rond ou carré,
quelle que soit votre taille, votre couleur ou votre forme, vous répondez
au concept de chaise,
comme un chien répond à l’appel de son maître.
Pourtant, vous ignorez tout de la philosophie,
vous ne possédez pas le moindre rudiment de dialectique,
vous ne soupçonnez rien de votre double nature
de valeur d’usage et de valeur d’échange,
et ce qu’on fait de vous, malheureux, ne vous fait ni chaud, ni froid.
Vous êtes une chaise…
Et maintenant,
vous me dites que ce n’est pas vrai,
que vous en avez assez de ce poème,
et que, d’ailleurs, vous n’êtes pas une chaise…

D’accord…
Alors,
prouvez-le.

 

 

 Avenir

Les portes de l’avenir sont ouvertes
sur le jour et sur la nuit
sur le grand vent de sable de notre fin
ou les saisons perpétuelles du sourire.
Du grand livre futur rien n’est encore écrit.
En mal comme en bien,
nous avons encore la faculté de nous surprendre,
toi  et moi, 
ceux qui viendront après
et que nous ne connaîtrons pas,
nous tous…  Notre histoire ne s’arrête pas là.
Une  chose est sûre :
si nous voulons  que l’avenir
tienne l es promesses du passé

nous devons nous occuper du présent
.

 

 

 

 

 

Festival international de poésie de San Francisco de juillet 2009

Samedi 1 août 2009

Allez faire un petit tour

 

sur la page

 

du Festival international de poésie

 

de San Francisco !

 

Cliquez sur la photo

 

franciscrit.jpg

 

 

 

 

 

Au temps des cerises

Dimanche 5 juillet 2009

Suite pour deux cerisiers

 

 

 

Une simple fleur de cerisier,
à peine éclose elle va tomber.
C’est pourquoi sa beauté nous émeut.
(Combien de poèmes en sont capables ?)

 

*

 

montmorency.jpg

 

 

 

La fleur de cerisier
est en beauté
Elle ne sait pas
qu’elle doit tomber.

 

*

 

Dans leur gloire
tombent les fleurs
du cerisier
au champ d’honneur

 

Mais elles
elles ne meurent pas
en vain

 

*

 

montmorencyfleurs2.jpg

Meurt la fleur
mais elle se survit ou, mieux, se poursuit
en mieux
dans le fruit.

 

*

 

Fleurs
non seulement
elles méditent le fruit,
se concentrent sur la cerise,
mais elles peuvent aussi
avoir des bontés
pour les abeilles
et de leur plaisir
naît le miel

 

*

 

De la robe blanche des pétales
à la planète rouge
du fruit.

 

Du mariage
à la maternité.

 

*
burlat1.jpg

 

D’abord
on jette sur le sol
un lit de pétales
puis on invente
un nouveau monde
charnu
rond
sucré.

 

*

 

cerisesbu.jpg

 

Demain
la cerise
fera
oublier
la fleur.

 

*

 

Sur la branche
c’est cette cerise
la plus éloignée
qui te paraît la plus belle.
Et c’est pour elle
que tu tends le bras…

 

Attention à ne pas tomber.

 

*

 

cerisesm.jpg

 

Au début,
dans l’arbre,
tu ne choisis que les plus belles
et les plus mûres.
Et puis, ensuite,
toutes y passent…

 

*

 

Oui, bien sûr,
à se tenir là,
rouges et brillantes
sur l’arbre,
elles nous provoquent !

 

Mais il faut te résigner :
tu ne pourras jamais
toutes les cueillir
ni les croquer toutes.

 

*

 

ceris.jpg

 

Le baiser est un fruit
qui se cueille sur l’arbre
et moi, je sais
dans mon verger
un cerisier
où cueillir des baisers.

 

*

 

Pour toi
qui sourit
et dérobe des cerises
je voudrais être
un cerisier
qui jamais
ne s’épuise…

 

cerisesb.jpg

 

Lecture à Londres

Dimanche 5 avril 2009

Le 31 mars, le jour même de l’ouverture du G20 et des manifestations dans Londres, Francis Combes a participé à une lecture de poèmes au Southbank Centre, près de la Tamise, dans l’amphithéâtre Purcell du complexe culturel Queen Elisabeth. Cette soirée s’inscrivait dans un cycle de manifestations artistiques sur le thème « Revolution now » (la révolution maintenant)…

Etaient aussi invités trois autres poètes ; une poétesse anglo-pakistanaise, un poète anglais et un Américain.

La soirée était placée sous le signe d’un hommage à Adrian Mitchel, figure majeure de la poésie engagée anglaise, méconnu en France. Il a notamment publié, avec Andy Croft qui participait à cette soirée, une grande anthologie de la « poésie socialiste » de Grande Bretagne qui fait date.

Andy Croft,  s’inscrit dans la tradition anglaise d’une poésie satirique pleine d’esprit et de bonne humeur, écrite en général dans des poèmes très rythmés, de forme régulière et qui ont une grande efficacité lors de leur lecture publique. Il a publié huit recueils de poèmes, dont Comrade Laughter, Ghost Writer, et Sticky. Il vit dans le nord de l’Angleterre, à Middlesbrough, écrit des critiques de poésie dans le Morning Star (qui se présente maintenant comme le journal de la gauche et tire à 50 000 exemplaires tous les jours) et dirige aussi les éditions Smokestack, qui ont entre autres publié une anthologie de la poésie « contre-culturelle française », When the Metro Is Free.

Etait aussi présent le poète des Etats-Unis Martin Espada. Martin Espada, qui est né à New York et vit dans le Massassuchett, est l’une des principales figures de la poésie et de la culture révolutionnaire dans son pays. Issu de l’immigration portoricaine, il écrit en anglais et en espagnol. Il était l’un des poètes présents dans l’anthologie Changer l’Amérique, préparée par Eliot Katz et Christian Haye et publiée en 1997 par Le Temps des Cerises et La maison de Poésie Rhône-Alpes. Il a publié quinze recueils de poèmes dont Rebellion is the Circle of a Lover’s Hands, The Republic of Poetry, Alabanza et une anthologie de la poésie engagée, Poetry like Bread, Poets of the political imagination chez Curbstone, qui est l’un des meilleurs éditeurs de poésie des Etats Unis.

voici l’un de ses poèmes :

 Leçon révolutionnaire d’espagnol

Chaque fois qu’on prononce
mal mon nom,
j’ai envie d’acheter un pistolet en plastique,
de mettre des lunettes noires,
d’incliner mon béret,
de peigner ma barbe en pointe,
de prendre en otage un autocar
de touristes républicains
du Wisconsin,
de les forcer à chanter
des slogans anti-américains
en espagnol
puis d’attendre
que les forces d’intervention bilingues
qui nous survolent en hélicoptère
me prient
d’être raisonnable.

Elégie pour Maurice Charlon

Dimanche 22 mars 2009

Maurice

burysite.jpg

 

Maurice, notre voisin à la campagne, est mort

Il est tombé, à quatre-vingt deux ans,

frappé par une attaque alors qu’il jouait aux cartes.

Maurice, le paysan, toujours habillé en bleus,

est mort par un grand jour de ciel bleu,

un jour glacé de beau temps au début du printemps,

lui, le vieux garçon solitaire

comme un arbre de plain vent sur la colline,

bien planté sur sa terre.

Maurice était un arbre,

avec ses longs bras noueux,

haut de taille et légèrement vouté,

un arbre, peut-être un noyer,

taillé dans le bois dur et délicat

dont sont faits les paysans français.

Pas beaucoup plus bavard qu’un arbre,

légèrement narquois, parfois,

bien planté dans sa terre,

attentif à la vigne et à la vie.

Maurice était un arbre.

Il était là,

il n’est plus là,

simplement.

 

Il va manquer au paysage.

 

 

 

le 22/03/2009


 

 

 

Mardi 3 mars 2009

Sortie de crise
(par la fenêtre)

 

Un financier français, installé à New York,

ayant perdu un milliard de dollars,

s’est ouvert les veines.

(Beau geste,

digne d’un patricien romain

condamné par César,

dieu vivant.

Lui avait été  condamné

par les dieux  de la Bourse;

ses collègues, ses amis, ses  concurrents).

 

Pendant ce temps, les autres,  du haut de leurs tours,

regardent le vide sous leurs pieds

à travers la baie vitrée de leur bureau

sans se jeter par la fenêtre.

Ils préfèrent  - et de loin – jeter

par la fenêtre

comme cendriers que l’on vide

les millions de salariés

qui devront payer

pour les pertes

qu’ils n’ont pas faites.

 

Mettons à la porte

les financiers

avant qu’ils aient passé

la planète

tout entière

par la fenêtre !

Dimanche 25 janvier 2009

La complainte du trader

(1)

 

Je travaillais à la City

Dans ma partie, j’étais un bon,

On goûtait  ma ténacité.

Mon job c’était : lever des fonds ;

Placements risqués, actions, hedges funds…

La Bourse pour moi n’a pas d’secrets.

Jouer, c’était mon kiff, au fond…

Je suis trader, c’est mon métier.

Je peux le dire, sans me vanter,

j’ai gagné des paquets de blé.

Et pour la banque et mes patrons,

je vous raconte pas la moisson…

Achat et ventes, acquisitions

des entreprises à dégraisser.

Fusions, délocalisations…

Faut de la rentabilité !

 

(2)

L’économie c’est une guerre.

Il faut tuer ou se faire tuer.

Pour moi, c’était mon ordinaire ;

Je savais tirer le premier.

Bien sûr parfois des salariés

se retrouvaient  sur le carreau.

Mais à quoi bon crier « Haro ! »

sur nous autres les financiers ?

Moi, qu’est-ce que je pouvais y faire ?

Telle est la dure loi des affaires,

la dure loi de la City,

le prix de l’efficacité.

On a connu des moments forts,

de beaux jours de spéculation

où on s’est fait des couilles en or

en bossant pour les fonds d’pension.

 

(3)

On a connu la belle époque

du crédit fou, des dettes en stock.

On était junky aux subprimes ;

C’était l’bon temps, le good old time.

On a connu les grosses bulles ;

l’Internet et l’immobilier,

les nouveaux produits financiers…

On vivait comme des funambules

pareils à des bulles de champagne

toujours plus vives et légères,

la mousse même  de la Terre…

Nous avions la frite, la gagne.

J’avais choisi de vivre à Londres

pour bosser chez Lehman’s B.rothers.

Mais voici : soudain tout s’effondre ;

c’est la faillite pour les brokers.

 

(4)

Hier on nous a réunis

pour nous dire : « Vous êtes virés ;

Lehman’s Brother, c’est terminé ».

La vie à Londres c’est fini.

Finie ma carrière de trader.

Mon loft de Trafalgar Square.

Et à qui vendre ? Plus d’acheteurs…

Je vais aller pointer, chômeur.

Je vais rejoindre la foule inquiète

des insolvables… Ceux-là même

qui ne pouvant payer leurs traites

ont fait chuter tout le système.

(Le mal toujours nous vient des pauvres…)

God save the Bank ! l’Etat nous sauve !

Vite, que reprennent les affaires !

Et qu’à nouveau je sois trader !

 

le 18 janvier 2009

 

Dimanche 11 janvier 2009

Chers amis,
Nous sommes nombreux, je suppose, à être révoltés par ce qui est en train de se passer à Gaza. Le massacre de la population, des hommes, des femmes et des enfants, les tirs contre des écoles, contre les équipements culturels, contre des établissements construits ou gérés par des associations humanitaires ou des organismes internationaux, l’impossibilité pour les journalistes et pour les services de secours de faire leur travail… l’inégalité flagrante des forces en présence qui ne devrait pas permettre de parler de guerre, la faiblesse des réactions diplomatiques, le fait qu’aucune sanction ne soit envisagée… Et je suppose que nous sommes nombreux à nous sentir nous seulement révoltés mais aussi impuissants.
Poètes nous ne pouvons pas faire grand-chose d’autre que de prendre la parole et témoigner. Qu’au moins nous ne restions pas silencieux.
Je m’associe à la poétesse syrienne Maram al Masri pour vous inviter à participer à une campagne poétique « Un poème pour Gaza ». Réunissons le maximum de poèmes (dans nos différentes langues). Si nous pouvons, nous les traduirons. Nous pourrons peut-être même les publier. Au moins, nous pourrons commencer par les diffuser par internet.
A très bientôt
Amitiés
Francis Combes

Vendredi 2 janvier 2009

Lettre à Ahmed Dahbour

poète à Gaza

 

Tu m’avais accueilli sur une langue de sable,

tu m’avais accueilli sur une main ouverte posée sur la mer,

tu m’avais accueilli dans Gaza la peuplée

où les maisons se pressent les unes contre les autres

comme des passagers aux heures de pointe dans un autobus bondé,

Gaza, où trottent les ânes qui tirent leur carriole au milieu des voitures,

Gaza où dans la cohue de vivre des milliers d’hommes et de femmes et d’enfants

cherchent leur chemin pour arriver

au moins jusqu’au lendemain matin,

Gaza la ville enfermée

où la mer et le ciel sont des murailles,

Gaza la cité blanche et concentrationnaire

barbelée du double liséré bleu

qui a dérobé les couleurs de la mer et du ciel,

Gaza la ville aux hommes léopards

où un peuple est en guerre

parce qu’on lui refuse le simple droit

d’exister sur sa terre.

 

Tu m’avais accueilli sur l’aile de l’après-midi

par une allée  de lauriers roses

qui menait directement au port des paroles simples

qui s’en vont et laissent derrière elles la tristesse des départs sans mouchoirs

car ici seules les pensées avaient le droit de voyager.

Ahmed,

Ta poésie était faite avec du pain,

avec des portes et des fenêtres ouvertes,

ta poésie offrait un repas dehors, sous une treille fraternelle

préparé par des femmes au fichu noué sur la tête,

puis j’ai vu ta poésie, Ahmed, prendre le chemin de l’Université,

que remplissaient à ras bord, comme une amphore,

alternativement, garçons et filles,

comme un sablier que l’on renverse

et j’ai vu les mots peints en vert sur le mur

et j’ai vu le marteau et la faucille rouges

et j’ai vu le sable dans la rue

et j’ai entendu ta poésie

parler avec des jeunes gens

pressés d’apprendre et pressés de se voir pousser des ailes.

 

Le jour succédait au jour et déjà  nous savions

que Gaza était une prison,

une ville sous embargo,

un enclos où sont parqués des hommes,

des femmes, des enfants

que l’on laisse vivre juste pour les laisser mourir,

un champ aride où ne poussent que des mains,

des mains coupées,

des mains travailleuses et des mains inemployées,

toute la journée ouvertes ou fermées.

Le jour succédait au jour et il y avait dehors

une usine où, chaque matin,

passant par un étroit couloir surveillé par un mirador

des mains allaient travailler, loin de leur cœur et de leur tête,

pour les maîtres

avant d’être renvoyés le soir dans leur ghetto.

Mais les mains coupées n’avaient pas la parole.

Les mains coupées ne criaient pas tous les jours dans les salons

ni sur les plateaux de télévision

et le monde entier pouvait paisiblement les oublier.

 

(Que des êtres humains soient traités comme volaille élevée en batterie

est un fait désagréable

mais qui ne doit pas empêcher de dormir

les défenseurs des droits de l’Homme).

 

Or, comme il arrive souvent,

l’homme que son assassin serre à la gorge se débat,

il essaye d’attraper l’air avec ses bras

et le griffe avec ses ongles.

Alors l’assassin l’accuse de violence,

lui dit de se calmer,

et serre encore plus fort.

 

Et voici que les maîtres aujourd’hui soulèvent la coupole de verre

au-dessus de Gaza

et passant le bras par-dessus les murs de la ville

ils viennent écraser à coups de poings

chez eux, dans leurs bureaux ou dans la rue,

des hommes, des femmes et des enfants

en toute impunité.

 

Les dormeurs vont-ils se réveiller ?

 

Je me pose la question

et je pense à ta poésie, Ahmed,

je pense à une allumette cassée,

à une tasse de thé

et à une fenêtre ouverte sur la mer.

 

Et je me dis que dans ce pays

aussi petit qu’un foulard jeté sur la terre

il y aurait assez de place,

bien assez de place pour tous…

 

À condition, bien sûr, de supprimer

les barbelés, les check points

les no men’s land,

les camps militaires,

les colonies, la loi du plus fort,

les États,  et les armées.

 

Tout cela, me diras-tu, n’est possible qu’en rêve,

tout cela n’est possible que par le miracle de la poésie….

 

Mais je crois que ce rêve finira par avoir raison

car ce rêve est bien plus raisonnable

et bien plus réaliste

que la réalité d’aujourd’hui.

 

 

le 31 décembre 2008

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 2 janvier 2009

voeux2009pdf.jpg

1...89101112