Mahmoud Darwich, le passeur des frontières

9 novembre 2008

 

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Le poète palestinien Mahmoud Darwich est mort le 9 août, loin de chez lui, aux Etats-Unis, pendant une intervention chirurgicale. Il souffrait du cœur… une malformation des artères. Peut-être cela contribuait-il à la sorte de timidité, de fragilité qui émanait de lui. Ce grand poète qui, de son vivant fut transformé, dans une certaine mesure malgré lui, en symbole de la Palestine, cet intellectuel profond et influent était aussi un homme timide. Les rares fois où je l’ai croisé, j’avais été frappé par l’impression de réserve, de distance qui l’entourait.

Mahmoud Darwich est né en 1942, dans une famille d’agriculteurs du village de Birwa, près de Saint Jean d’Acre. En 1948, comme des milliers de Palestiniens, il a été chassé avec sa famille (ce que les Palestiniens appellent la Naqba) et son village a été rasé. Etranger dans son propre pays, assigné à résidence pendant plusieurs années à Haïfa, entre le mont Carmel et la mer, il quitta Israël en 1970, alors qu’il participait à une délégation de la jeunesse communiste. Il a ensuite longtemps vécu en exil, à Beyrouth, au Caire, à Paris… Pour revenir, après les accords d’Oslo, à Ramallah, où il a pu reprendre un temps la publication de sa revue, al-Karmel. Mais là non plus, il n’a pas connu vraiment le repos. Sa maison y fut saccagée par l’armée israélienne (comme celle de Neruda l’avait été par les sbires de Pinochet). Et il dût reprendre le chemin de l’exil.

Dès ses premiers poèmes, sa voix fut identifiée à celle de son peuple. Son poème sur le laissez-passer imposé aux Palestiniens, « Inscris : je suis arabe… », a été perçu comme la revendication d’une fierté retrouvée. Et, par la suite, Darwich eut souvent à se défendre de la tentation chez beaucoup de ses lecteurs de l’enfermer dans ce rôle de porte-drapeau… Non pas qu’il refusât le drapeau… La génération des pères avait perdu la terre, celle de Darwich découvrit la révolution. Dans son village explique-t-il, « tout le monde aimait bien le communisme ». Lui-même fut d’ailleurs membre du parti communiste, le Rakah, jusqu’en 1993. Puis, il rejoignit l’OLP qui lui semblait un cadre plus large pour l’action. Olp qu’il quitta à son tour, quelques années plus tard. Jamais il n’a abandonné ses convictions ni tourné le dos à la nécessité de la conscience et de l’action politique. Mais, d’une façon de plus en plus affirmée au cours des années et des quelques vingt recueils publiés, il n’a cessé de faire effort pour dégager la poésie palestinienne de la tentation de la réduire à son seul contenu politique. Longtemps il a réclamé une lecture « innocente » de ses poèmes ; mais, même dans ses textes les plus intimes, note-t-il, ses lecteurs avaient tendance à y voir des allusions à la « cause ».

Ce qui lui importait au plus haut point, c’était le contenu humain de la poésie, dans toute sa complexité. « C’est ce souci de l’Homme, dit-il dans un entretien, qui donne à la poésie son feu et lui assure la pérennité, au-delà de ses conditions historiques propres. » Dès ses premiers poèmes, il donne à la Palestine non seulement une voix mais des visages. Celui par exemple de sa mère Hourryia. Et la patrie perdue s’identifie à l’odeur de son café. Mais à l’ennemi aussi, il restitue son visage humain. Comme dans le beau poème sur le « Soldat rêvant de lys blancs », où il fait le portrait d’un de ses voisins, israélien, enrôlé dans l’armée et pour qui aussi, la patrie « c’est de boire le café de sa mère et de rentrer au soir ». Ou dans les poèmes consacrés à Rita, la jeune israélienne qu’il a aimée et ne pouvait pas aimer. « Entre Rita et mes yeux, un fusil », écrit-il dans un poème célèbre.

Yannis Ritsos (qui ne fut pas sans exercer une certaine influence sur lui) disait du style de Mahmoud Darwich qu’il était « épico-lyrique ». « Lyrisme épique », la formule convenait à Darwich dont la poésie mêle les voix des individus concrets à la tragédie de l’histoire collective. Darwich a inventé le « poème ouvert », une forme où se retrouvent, dans un même poème, plusieurs voix et plusieurs thèmes qui peuvent être antagoniques. Toujours, cette passion de la complexité, cette volonté de réunir les éléments épars du réel et du rêve, qui est, dit-il, « la région du poème ». Prolongeant à sa façon la grande tradition de la poésie arabe, avant-même Mutannabbî, depuis les odes anté-islamiques des Mu ‘Allaqua, qui fait une grande place à l’allégorie et l’éloge, il porte à un point rarement atteint avant lui l’art de la métaphore, parfois jusqu’à l’ivresse, accueillant dans son poème tout ce qui fait la vie et lui donnant valeur de signe. Né sur la terre natale des symboles, où le mythe est omniprésent (et même terriblement pesant quand il sert à justifier l’inacceptable), Darwich cherche à traverser le mythe pour atteindre le familier. Dans le même temps, il confie au poème le projet de créer sa propre mythologie, d‘écrire à nouveau le Livre de la Genèse. Lui qui fut marxiste, assume l’héritage de la Bible, l’héritage musulman, juif et chrétien. Le Messie sur sa croix est un Palestinien. Mais au-delà des drames de l’histoire, si la Palestine est aussi une métaphore, tout homme est comme un Palestinien, en exil, confronté à la solitude, devant affronter le deuil et renaître. La poésie de Darwich vit dans son voyage jamais achevé vers le poème, le franchissement permanent des frontières et sa métaphore centrale est sans doute celle de la résurrection.

Il faut noter qu’au-delà de la place qui est la sienne, la poésie palestinienne d’aujourd’hui est riche d’une grande diversité de voix. Dans la poésie arabe, les poètes palestiniens occupent une position particulière. Ils ont non seulement rejoint depuis longtemps le mouvement de la modernité arabe contemporaine (qui n’a rien à envier à la nôtre), mais l’exil les a souvent conduits à s’ouvrir aux autres poésies du monde, anglaise, française, grecque, espagnole, allemande… Et si l’influence de Darwich est forte, cette poésie palestinienne d’aujourd’hui est très diverse et bien vivante. Et nombreux sont les poètes arabes et palestiniens qui cherchent aujourd’hui dans une tout autre voie que la sienne. Mais le fait majeur à mes yeux est que cette poésie, bien que confrontée à l’urgence et au drame collectif, ne se résume pas au slogan ni à l’immédiateté. A son meilleur, cette poésie qui vient d’un des épicentres de la douleur humaine, est une grande œuvre de beauté, de caractère universel et qui passe les frontières. En cela, tous, à leur façon, sont héritiers de Darwich.

PS : Les recueils de Darwich, traduits notamment par Abdellatif Laabi et Elias Sanbar, sont disponibles aux éditions de Minuit, Actes Sud et Gallimard. Pour se faire une idée de l’ensemble de la poésie palestinienne, voir l’anthologie « La poésie palestinienne contemporaine », traduite par A. Laabi, au Temps des Cerises.

 

article paru dans Le Manifeste, septembre/octobre 2008

à propos de la francophonie

9 novembre 2008

Les poètes de langue française venus d’autres pays, du Québec, d’Haïti, des Antilles, de Belgique ou d’Afrique, font partie de notre paysage poétique intime. Avec chacun d’entre eux, nous avons une histoire d’amour en commun, non pas avec la même femme mais avec la même langue. Mais cette histoire est à chaque fois différente et différemment vécue.

J’ai eu l’occasion de rencontrer de nombreux poètes francophones et j’ai pu constater que, dans la plupart des cas, leur relation avec la langue française était une relation passionnée, en général, bien plus que pour les poètes de France. Peut-être parce qu’elle est moins naturellement évidente, et plus marquée par les contradictions de l’histoire qui ont fait du français un instrument de domination coloniale, mais aussi un outil d’émancipation.

Il y a quelques années, quand j’étais directeur littéraire des éditions Messidor, j’avais été rendre visite à Léopold Sédar Senghor. Me recevant dans son appartement parisien, il m’avait montré un lutrin, sur lequel reposait une Bible… Et il m’avait précisé que chaque matin il lisait la Bible en grec. (A moi, dont le fait de n’avoir jamais étudié le grec est un des seuls regrets scolaires…) Puis il m’avait fait un discours sur le thème «  Si vous n’êtes pas capables, vous les Français de défendre la langue française, est-ce nous les Africains qui allons devoir le faire ? »…  Pour cet ancien Normalien,  père de la négritude, l’affirmation de l’identité africaine passait par la conquête de la culture du colonisateur. J’ai mieux connu Gaston Miron, qui a laissé dans ma mémoire une empreinte chaleureuse et fraternelle… Je  me souviens de repas pris ensemble, dans des bistrots parisiens, où à un certain moment de la conversation, il sortait son harmonica et nous chantait une chanson populaire du Québec, comme celle qu’il m’a chanté, au téléphone, quelques temps avant de mourir, une chanson qui parlait de l’industrie du papier que les USA venaient voler au Canada. Pour lui, l’affirmation linguistique et culturelle était inséparable d’un combat social pour la dignité et la liberté. Contre le colonialisme, sous toutes ses formes… Un jour, nous avons descendu ensemble le boulevard Saint-Michel en discutant du fait que la France, vieux pays colonisateur, était aussi un pays de plus en plus colonisé par l’empire états-unien. Frappé par le nombre d’enseignes en anglais, Gaston s’arrêtait devant chaque boutique et faisait un numéro. De temps en temps, il entrait et demandait, avec son accent où le vent du nord a distendu les syllabes, « Mais dans quel pays sommes-nous donc, ici ? Et quelle langue vous parlez, donc ? »

Pour lui, le français était une langue unique et commune, mais, contrairement à ce que pensent beaucoup de Français de France attachés à une certaine normalité du « bon français », c’était en même temps une langue plurielle et multiple, du fait de ce qu’il appelait les « variances » d’un pays à l’autre.

Je pourrais aussi évoquer les Haïtiens René Depestre ou Jean Métellus, ou des poètes des plus jeunes générations, tels Rodney Saint Eloi et James Noël, que j’ai entendus chanter Jean Ferrat, Léo Ferré et réciter par cœur Aragon, à des milliers de kilomètres de Paris, dans un restaurant de Saint Domingue… une ville dans les rues de laquelle leurs compatriotes sont considérés comme des parias.

Ce qui se joue, à mon avis, dans la poésie francophone d’aujourd’hui, c’est, à travers la multiplicité des écritures et des situations, la complexité des nouvelles figures de l’identité.

Les hommages rendus à Césaire à l’occasion de sa mort ont été l’occasion de revenir sur le sujet. L’affirmation de la négritude a très certainement été une nécessité du combat émancipateur. Mais on comprend que la plupart des écrivains des Antilles aujourd’hui éprouvent le besoin d’aller au-delà, en parlant par exemple de créolité ou de métissage, comme Glissant et Chamoiseau. Car l’identité positive, aujourd’hui, en particulier dans cette période de « mondialisation » uniformisante (et de son corollaire obligé qui est le repli nationaliste ou identitaire) paraît devoir être nécessairement ouverte, multiple, évolutive… La métaphore de l’arbre est toujours féconde. Sans racines, un arbre ne peut pas vivre ni se développer… Et connaître ses racines, voire les inventer, est indispensable ; surtout quand on appartient à un peuple qui a été déraciné. Mais un arbre qui se limiterait à ses racines ne serait pas un arbre. Ce serait au mieux une souche. Un arbre a besoin d’un tronc et de branches, pour pousser le plus haut et le plus loin possible. Des branches forcément accueillantes aux vents et aux oiseaux de passage…

De ce point de vue, il serait intéressant de relire aujourd’hui Bois d’ébène, le beau poème de l’écrivain haïtien Jacques Roumain, qui affirmait déjà, dans les années trente, en même temps que la revendication noire, une vocation à un internationalisme qui allait plus loin.

De même, on pourrait réfléchir aux liens qui nous unissent et nous définissent non seulement par-delà la géographie, mais aussi par-delà le temps. Villon et Charles d’Orléans restent nos bons compagnons… Contrairement à ce qui a pu se passer parfois, la modernité ne consiste pas forcément à oublier l’écho en nous des poètes du passé. Et  vouloir à toute force être radicalement nouveau et original. Quitte à en perdre l’air et la chanson… Mais peut-être plutôt à essayer de faire vivre en poésie une sensibilité et une conscience d’être humain d’aujourd’hui, avec ce qu’il y a en lui du passé… et sans doute du futur.

La question se pose pour la poésie « savante », mais aussi pour le slam dont le développement manifeste un renouveau inattendu de la poésie populaire. Que des jeunes choisissent pour s’exprimer un mode exclusivement poétique (sans même le secours de la musique) est en soi un fait remarquable et prometteur. Mais pour qu’il tienne ses promesses, le slam doit se garder, comme le rap avant lui, des pièges du marché qui récupère tout et de la démagogie médiatique et officielle qui tend à faire croire qu’on peut être bon poète sans faire l’effort de connaître les poètes anciens et contemporains.

La poésie francophone pose donc des questions au monde. Et le monde pose des questions à la poésie. Par exemple celle-ci : que tout ne se joue pas sur le terrain de la culture. Les racines de l’aliénation culturelle ne sont pas culturelles. Vouloir reconquérir sa dignité en se contentant d’affirmer son identité seulement sur un plan culturel, sans poser la question de la dépendance, économique, politique et administrative aboutit semble-t-il à un renforcement de l’aliénation, à un mal être, voire à des formes de « racisme à l’envers » qui relèvent, tout comme l’islamisme, des impasses du « culturalisme », pour utiliser un concept de l’économiste égyptien Samir Amin.

Autrement dit, la poésie peut et doit aussi s’intéresser aujourd’hui à ce qui est hors de son champ habituel. Elle a besoin, pour être pleinement elle-même, c’est-à-dire un acte de langage par lequel s’affirme la beauté de l’être, de sortir de temps en temps d’elle-même, de descendre danss l’arène, de se frotter au « non-poétique », en premier lieu à ce qui lui est naturellement contraire :  à l’économie et à la politique.

De ce point de vue, la poésie française de ces dernières années (en France et dans les autres pays francophones) pouvait souvent paraître un peu timide. Mais j’ai l’impression que c’est en train de changer.

Lettre à de jeunes poètes

9 novembre 2008

 

Au cours du printemps 2008, Francis Combes a participé en tant que président du jury, aux délibérations du jury du prix de poésie des lycéens et des étudiants « Poésie en liberté ». Les débats qu’il a eus avec les lycéens l’ont conduit à écrire cette Lettre à de jeunes poètes.

 

1 – Adolescents, nombreux sont ceux qui éprouvent le besoin d’écrire des poèmes. Par la suite, la vie se charge de vous émonder, de vous faire renoncer à cette activité ni raisonnable ni rentable. Le poète est celui qui n’a pas renoncé à ses erreurs de jeunesse. Mais pour cela, il faut lire, travailler, se corriger sans cesse. Car la poésie est aussi un art. Etudiez les poètes qui vous ont précédés. Une fois que vous avez trouvé la poésie, continuez à la chercher. Apprenez les règles. Ne les respectez pas.

 

2 – Le plus important est de se former une conscience et une sensibilité d’être humain vivant pleinement son temps. Il ne s’agit pas d’être dans l’air du temps ; il s’agit d’être à la pointe de son temps. Emporter dans ses bagages ce qu’il faudrait garder du passé pour voyager dans le futur. Car la poésie n’est pas qu’un art. Ou c’est un art d’habiter le monde. La poésie n’est pas faite que de mots. Elle est une forme de conscience hypersensible. (Ou de sensibilité hyper-consciente).

 

3 – Le rôle des poètes a toujours été de connaître le nom des plantes, des pierres, des oiseaux. Enumérer le monde pour l’apprivoiser. La ville moderne et nos inventions font aussi partie du monde. Il nous faut les acclimater. Imaginer le monde. Manœuvrer dans la fiction à haut régime. Le domaine du poème, c’est le réel et c’est aussi l’impossible, le merveilleux. Il n’y a pas de poésie sans utopie. Le vrai domaine du poème, c’est le rêve éveillé. Entraînez-vous à marcher avec les pieds sur la Terre et ne dédaignez pas, de temps en temps, d’effectuer des sauts périlleux dans l’espace.

 

4 – Quand on est jeune et qu’on a la vie devant soi, on aime souvent les poèmes sombres et désespérés, le spleen, le noir et le gothique… Plus tard, on apprend à apprécier chaque instant de la vie. Il y a des poètes tristes et des poètes gais, des nostalgiques et des poètes qui espèrent. Parfois, ce sont les mêmes. Tous ont droit de cité dans la cité si, à l’égal du boulanger, ils font un pain bon, odorant, croquant, tendre et réjouissant ; s’ils apportent un peu de vérité, de force, de joie.

 

5 – Comme la vie est courte, il faut essayer de la vivre pleinement. Ne pas pactiser avec la mort. Dans une société où la plupart des gens perdent leur vie à essayer de la gagner, le poète s’arrête pour regarder, comprendre, sentir. Intéressez-vous aux autres, prenez le temps de les aimer. Le continent le plus étrange et le plus neuf à explorer pour le poème, c’est notre vie commune. Je est aussi tous les autres. Nous ne sommes pas si différents que ça les uns des autres. C’est ce qui fonde la possibilité du poème. Et du partage. Le poème élargit l’enveloppe de l’individu à l’humanité.

 

6 – Le poème est l’étincelle qui peut jaillir du frottement de deux regards. Sentir que nous existons vraiment parce que nous avons besoin des autres et que nous comptons pour eux. Essayer chaque jour de faire quelque chose qui soit utile et beau. Etre heureux est un travail. Le vrai bonheur est productif. Communicatif. Le poème est un cadeau que l’on se fait et que l’on fait aux autres. 

 

7 – Les poètes ne sont pas les inventeurs de la langue. La langue vient du peuple. C’est en lui qu’elle vit et bouge. Même s’il est souvent dépossédé de ses propres mots… Le poète est l’Indien qui applique son oreille sur la poitrine du peuple pour entendre venir de loin le galop assourdi des mots… Et tente de leur restituer le sens de la chevauchée. Faites l’amour avec les mots. Faites qu’ils fassent l’amour entre eux. Parler est utile. Même pour aimer.

 

8 – Pas de poème sans jeu avec les mots. Mais la poésie n’est pas qu’un jeu. La vraie matière première de la poésie, ce ne sont pas les mots, ce sont les émotions, les sens, les sentiments. Il n’est pas non plus interdit de penser.

 

9 – Ne vous payez pas de mots. Ne faites pas trop confiance aux mots. Entendez leur musique ; sachez y céder… et ne pas y céder. Evitez les phrases creuses, les images et les idées qui sonnent creux. Restez concrets. Pensez en images. N’ayez pas peur de la folie. Dans la folie, restez lucide. Préférez le mot juste. Ajustez les mots. Il y a une vérité du poème. Cherchez la vérité ; dites-la.

 

10 – Il y a encore des révolutions à imaginer. Faites à votre idée… À vous de jouer…

Poésie d’utilité publique

9 novembre 2008

Poésie d'utilité publique Francis-Medellin

Depuis toujours, je défends l’idée que la poésie, même si elle est une activité savante, n’est pas réservée par principe à un petit groupe de spécialistes. Elle naît de l’usage que les peuples font de leur langue. Elle ne vit que parce qu’elle est mise en commun. Écrire un poème, comme chanter, peindre ou cuisiner est une façon de partager son plaisir. Pour moi la poésie est une fabrique de bonheur, un transformateur électrique qui convertit nos sentiments et nos idées en énergie. Elle est une façon d’être de plain pied dans le réel, sans s’accommoder de l’état des choses. Elle est à la fois la conscience et l’utopie du monde. Parole intime, elle est d’utilité publique.

 


 

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