Comment je me suis mis à croire aux fantômes

20 mars 2016

miroir

 

Comment je me suis mis à croire aux fantômes

D’ordinaire, je peux l’affirmer,
je suis un mauvais client
pour les marchands de superstitions,
les faiseurs d’horoscopes,
les V.R.P. de l’au-delà,
les interprètes assermentés
spécialisés dans le dialogue avec les morts.
A tous ceux-là,
et depuis toujours,
je suis réfractaire.

Je n’entretiens aucun rapport avec les esprits
les zombies,
les morts-vivants,
les goules,
les revenants
et je ne compte parmi mes relations
ni Dieu, ni extraterrestre.
Pas même un vieux lord écossais âgé de trois cent ans
amateur de whisky qui ne porterait sous son kilt
qu’un chapelet d’os tintinnabulants.

Pourtant, depuis quelques temps,
il me faut l’avouer,
j’en suis venu à repérer la présence,
évidemment invisible mais certaine,
tout autour de nous de fantômes.
Et, sans être devenu expert,
il me semble que leur apparition
a tendance
à se multiplier.

Des fantômes, il y en a de toutes sortes :
travailleurs clandestins,
chômeurs en fin de droits,
ouvriers membres d’une classe
elle-même devenue fantomatique,
travailleurs intellectuels qui font leur métier
loin des caméras,
philosophes et savants,
penseurs, artistes et militants
qui ne mangent pas
dans l’écuelle des médias,
écrivains qui n’appartiennent pas
à la bourgeoisie
et donc n’existent pas…
(Tous sont connus
mais rarement ils sont reconnus).
On peut les apprécier ;
pas leur donner de prix.
On peut les croiser dans la rue
et même les saluer
mais chacun sait
qu’ils appartiennent à la race maudite des Transparents.

Si j’avais encore une hésitation
quant à l’existence
du peuple immense des spectres
qui hantent notre monde,
aujourd’hui, nul doute ne me serait permis :
hier, marchant avenue Montaigne, sur le trottoir
j’ai vu dans la devanture d’une boutique de luxe
un grand miroir ;
j’y ai jeté un regard
et n’y ai pas aperçu mon reflet.

Depuis je sais
que les fantômes existent.
J’en fais partie
et ils sont
le plus grand nombre.

(Ce qui,
somme toute,
m’a plutôt rassuré).
 

Dernières nouvelles du monde

8 mars 2016

Scan -dessin journal FC

Un journal bat des ailes et s’envole dans la rue…
Les chiens ont fait sur elle ;
La ville est froide et nue.

La tempête est passée ; elle a tout mis par terre :
poubelles renversées
panneaux publicitaires…

Le journal tourneboule comme la planète
qui a perdu la boule
et a mal à la tête.

Une bottine rose gît sur le trottoir.
Ramasse si tu l’oses
celle qui vient de choir.

De quelle petite fille, protégeait-elle le pied ?
Notre monde vacille
devant les réfugiés.

Que disent les nouvelles ? Qu’on a jeté des bombes ?
Que la fête était belle ?
Qu’ailleurs des hommes tombent ?

Qu’en retiendra le monde ? Tout passe et tout s’oublie
C’est ainsi, à la ronde,
Nous passerons aussi…

Sommes-nous ces papiers tachés que nul ne lit,
ces journaux barbouillés
par le vent et la pluie ?

Nous sommes ces journaux aux feuilles déchirées
qui s’en vont à vau-l’eau
défaits, salis, mouillés.

Mais ne renonce pas, chausse tes propres ailes,
prends ton envol et va
apporter la nouvelle.

En bottes de sept lieues, fais le tour des détresses
et annonce en tout lieu
un règne de tendresse.`

(14 février 2016, jour de la Saint-Valentin)

Refus d’obtempérer

11 février 2016

Francis délinquant

 

Refus d’obtempérer

Dans la cellule où forte tête
Je tue le temps et fort m’embête
Je tourne en rond depuis midi
L’air est malsain et confiné.
Mais tel est le prix par ici
Pour un refus d’obtempérer.

Je n’étais pas dans un bon jour
Sans doute et c’est l’état d’urgence.
Je faisais seulement demi-tour
Quand un jeune flic plein d’arrogance
M’a ordonné de m’arrêter ;
Je l’ai envoyé balader.

J’ai dû souffler dans leur machine
(Pour eux j’étais soûl, j’imagine)
Mais j’étais clair comme l’eau qui court.
On m’a fiché, interrogé
Mais on ne m’a pas molesté
Et pas pendu ni haut ni court.

Dans cette geôle où nous passons
File des heures la chanson.
Le temps qui passe est comme un vin
Perdu et que l’on verse en vain.

Dehors, les piafs font la fête…
Gardé à vue mais sans lunettes
(Confisquées pour ma protection)
Diminué et démuni
Je piaffe comme un oisillon
Dans cette geôle où on m’oublie.

- Ne te plains pas ; t’as de la chance
Tu sais que c’est l’état d’urgence
Et que les flics sont sur les nerfs.
Ils t’avaient dit de t’arrêter ;
Tu aurais mieux fait de te taire.
Sois heureux qu’ils n’aient pas tiré !

(Ne dites jamais que la Terre
Est une geôle à ciel ouvert…)
Depuis qu’on m’a pris mon portable
Je ne sais plus quelle heure il est.
Est-ce la nuit ? Sont-ils à table ?
S’inquiète-t-elle ma bien-aimée ?

Dans cette geôle où nous passons
File des heures la chanson.
Le temps qui passe est comme un vin
Perdu et que l’on verse en vain.

Je suis enfermé au sous-sol
Des tapis jetés sur le sol.
J’attends, avec un jeune Noir
Qui s’est déjà presqu’endormi.
Lui a fui la Côte d’Ivoire
Et la guerre pour voir Paris.

- A votre âge est-ce sérieux
De se conduire en délinquant ?
- Allez vous faire voir !… A mes yeux
C’est, à mon âge, rassurant
Plutôt, de se faire embarquer
Pour un refus d’obtempérer.

Notre geôle ne fait pas envie…
Qu’importe ! Sous peu je me tire
Pour retrouver dehors la vie.
Mais derrière moi je vais laisser
Le jeune voleur à la tire.
De lui, qui donc va se soucier ?

le 6/2/2016

Rendre justice

16 janvier 2016

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La mission des juges est de
rendre
la justice

Certains
la vomissent.

(Extrait de Petites Leçons de choses, collection Commune du Temps des Cerises, éditeurs)

Lendemain d’élections

7 décembre 2015

Mise en page 1

Paris vendredi 13 novembre 2015

16 novembre 2015

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Paris

Sur la tasse
à la terrasse du café
les lèvres d’une femme ont laissé
une trace
rouge sang.

le 15/XI/15

La maison vide

1 novembre 2015

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La maison vide

i.m. Roger Bordier

La maison du mort est vide maintenant
Le soleil y dort, inutile, doucement,

La lumière d’automne sur les tapis joue
Un rayon s’étonne et caresse ma joue

Des jours et des heures passées rien n’est resté
Les déménageurs en ont tout emporté

Ni photo ni livre, ni mot ni pensée
Ce qu’on a pu vivre, ici, tout est passé

Je vois le jardin en bas par la fenêtre
Un voisin s’en va, à son travail peut-être

Avec son cabas, une femme revient
Lente, à petits pas… La connaissait-il bien ?

La maison déserte attend comptant les heures
Que la porte ouverte accueille un visiteur

Le rosier dehors continue de fleurir
(Le rosier dehors n’a aucun souvenir)

La maison du mort est vide pour l’instant
Un soleil y dort et languide est le temps.

le 1er nov. 2015

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Simple rondeau (La France aux quatre vents)

18 octobre 2015

Extrait de mon recueil, La France aux quatre vents, préface de Jean Ristat, paru au Temps des Cerises et distribué par les Belles Lettres.

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Simple rondeau 

Le croirais-tu,
mon cœur, mes yeux,
si je te dis le temps nous tue ?
Le temps qui passe est un affreux…

Il aurait pu
pour nos beaux yeux
nous faire la fleur, le malotru ;
de nous oublier, juste un peu.
Le croirais-tu ?

Mais on ne peut
compter dessus.
Des fleurs, le temps n’en jette plus.
Mieux vaut s’en faire cadeau tous deux ;
mon cœur, mes yeux.

 

Le carnet du petit dragon rouge 3

9 septembre 2015

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Chengdu, la Boutique aux fleurs
pour Aye et Amien

Repas le soir à la Boutique aux fleurs
avec quatre ou cinq amis poètes.
Le restaurant s’appelle « Il y a un nuage »
Mais entre nous, pas de nuage…
Seulement les mots de la poésie
et les verres de l’amitié
qui tintent, plus purs que des cloches.

(13.08.15)

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*

La chaumière de Tou Fou

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La misère toute la vie t’a poursuivi
jusque sur le bateau errant où la mort t’a rattrapé.
(Nous pouvons comprendre ce que tu ressentais,
nous qui avons des problèmes avec les banquiers et les huissiers).
L’orage d’automne arrachait la paille de ton toit de chaume
et il arriva qu’il pleuve sur la couche de ton fils.
(Chez nous aussi, dans notre maison aux hirondelles,
le toit se fait vieux et laisse parfois passer la pluie).
Tu voulais servir le bien public mais nul ne se souciait de ton avis,
et nul ne te rappelait auprès de l’empereur, à la capitale.
(Ainsi en va-t-il toujours de nous, mon ami).
Il t’arrivait de douter du sort que la postérité réserverait à tes vers
mais tu t’attachais à ce qu’ils soient aussi beaux et vrais que possible.
(Ecrire juste est ce qui nous occupe aussi).
Tu rêvais d’une grande maison capable d’abriter
tous les lettrés pauvres du monde afin qu’ils puissent y vivre en paix…
(Nous partageons ce rêve, et pas seulement pour les lettrés,
Nous avons même essayé de le réaliser… avec plus ou moins de bonheur…
Certains en déduisent qu’il vaut mieux arrêter de rêver,
et que la poésie ne sert à rien…
Nous, nous croyons toujours à la vertu de l’action publique
pour servir le peuple
et à l’utilité de la poésie ;
car peut-être, en fait, n’avions nous pas assez rêvé…)

(le 15.08.2015)

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*

Les cigales de Chengdu
(chanson presqu’enfantine)

Gamin

Cigale, cigale
Petit animal
Tu fais dans la ville
Un raffut terrible

Tu chantes, à qui mieux mieux,
Avec ton ventre creux
Pareil à la pipa
violon, crincrin chinois

cages

Cigale, cigale
C’est le chant des mâles
Qui sans cesse appellent
En chœur les femelles

Ta vie, ta vie est brève
A l’automne elle s’achève
Le temps de copuler
Voici fini l’été

Cigale, cigale,
Prends garde aux cymbales
La mante te happe
Les enfants t’attrapent

Mais tes œufs sont cachés
Tu vas ressusciter
Dans près de dix-sept ans
crisseront tes enfants

Cigale, cigale
Et ton récital
A vingt-cinq degrés
Va recommencer.

(le 16.08.2015)

arbre

*

Pensées potagères sur la poésie,
en se promenant dans les Hutongs
à Ming Di

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Visiblement le monde ce matin est toujours disposé à me surprendre.
J’ai croisé, dans le Hutong Beixin,
un enfant à la culotte fendue,
trois vieux Chinois qui jouaient aux échecs,
une femme faisant la cuisine sur le pas de sa porte
et tous les dix mètres, des habitants en tenue orange
chargés de l’entretien du quartier.
La Chine est une planète étrangère
où tu te sens familier.

Il a bien raison, Yang Wanli, le poète des Song du Sud
«  Fermer ses portes pour trouver de beaux vers, tel n’est pas l’art du poème.
C’est des voyages seuls que viennent d’eux-mêmes les poèmes ».
Merci au monde qui laisse tous les jours des poèmes sur ma route…

Me promenant dans le Hutong Beixin
j’ai vu une plante qui grimpait contre le mur d’une maison grise
enchevêtrée à des fleurs pareilles à des pois de senteurs violets.
Elle portait des fruits étranges, ronds, noirs et luisants
semblables à des gourdes d’onyx polies.
Comme je m’étonnais de ce fruit exotique
tu m’as dit : «  Ce sont des aubergines… »
(Décidément, je serai toujours aussi ignorant…
ce qui m’aide sans doute à m’étonner du monde…)

(le 20/08/2015)

Hutong3

*

Fièvre à Pékin

Mindy

Ming Di ce matin nous a conduits
à l’Hôpital militaire de Pékin.
(Depuis deux jours tu as la fièvre).
Drapeau rouge et femmes médecins
attentionnées et pacifiques
qui t’interrogent sur tes antécédents.
(En Chine, la médecine
s’occupe de prévenir
plutôt que de guérir)…

Rue des Fantômes
Les enseignes lumineuses ont remplacé les lanternes rouges.
Rue des fantômes, pas de bordels, des restaurants célèbres …
Un jeune Chinois pressé passe devant  nous
et mange avec ses baguettes tout en marchant
tandis qu’un vieux assis sur le muret de béton
près des rosiers  du centre social tient dans ses doigts un fume-cigare…

Dans mon demi-sommeil (peut-être ai-je aussi la fièvre)
Rue des fantômes je vois
le fantôme d’un lama
assis sur un vélo électrique
tournant le dos au guidon
qui psalmodie des mantras
l’oreille collée à son Iphone
et vend à tous vents
(commerce divin)
des baguettes à divination
pendant que le vélo va de l’avant…

Dans mon demi-sommeil, (peut-être ai-je déjà la fièvre)
je vois aussi des milliers de garde-rouges
habillés en employés de banque
qui montent à l’assaut des immeubles
des chrysanthèmes pleins les bras.

(le 20/08/2015)

Lotus

*

En quittant des amis
à  Shu Cai

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A peine levés nos verres pour fêter notre rencontre
Nous devons les lever à nouveau pour prendre congé.
Notre vie est faite de rencontres et de séparations…
Pour le voyageur de passage sur terre
Les montagnes se défont comme des nuages
Les mois et les jours comme les eaux du fleuve
Passent sans retour et les feuilles
Tombées de l’arbre n’y retournent jamais…
Combien de lieux que nous avons aimés,
Combien de visages ne reverrons-nous plus ?
Tous les jours nous quittons les habits
de celui que nous étions hier pour ne plus les remettre.
Restent les souvenirs… mais les souvenirs
eux aussi finissent par nous quitter.
Heureusement, tant que nous sommes en vie
nous pouvons penser nous retrouver.
Il n’y a que les montagnes, dit-on, qui ne se rencontrent jamais.
Alors, amis, levons nos verres !

(le 21/08/2015)

nature

Le carnet du petit dragon rouge 2

29 août 2015

Éloge de la table chinoise

Faisons ici l’éloge de la table chinoise.
Pas pour ce qu’on peut trouver dessus
(A l’énumérer
il n’est pas sûr
qu’une vie suffirait…)
Non… faisons l’éloge de la table chinoise
pour sa simple et ingénieuse conformation
(qui en dit long sur la tradition
de savoir faire et d’invention
des artisans chinois).

Table1

On peut en effet
dans n’importe quel restaurant,
et dans beaucoup de foyers,
trouver de telles tables rondes
équipées de leur plateau tournant
en verre, sur lequel sont posés les mets
(nombreux) que les convives
sont invités à goûter.

Ce système date de bien avant la Révolution,
pourtant, de cette table on pourrait dire
qu’elle est un modèle de socialisme
(au bon sens du terme, s’entend)
et même, de communisme…

Elle est ce que socialisme et communisme
n’ont pas toujours été
et, ce que pourtant, jamais ils ne devraient
renoncer à être.

D’abord, parce que chacun peut y manger
à satiété, selon ses besoins.
Il règne d’ordinaire en effet sur cette table
une abondance généreuse et organisée.

Ensuite, parce nul ne peut se jeter sur les plats
et se comporter en profiteur, en goinfre, en accapareur.
Chacun se servant doit penser à lui
et en même temps aux autres.
(Car la règle ici est au partage).

Personne non plus ne peut s’asseoir
avec autorité à  son extrémité,
s’y comporter en maître, ou même la présider.
(Sur cette table ronde, les plats doivent tourner
et chacun peut la faire tourner).

Voilà pourquoi cette table est l’image même
de la liberté,
de l’égalité
et de la fraternité.

(9.08.2015)

Table2


*

Les enfants et les abeilles


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Dans la vieille ville de Dangaer
trois enfants s’affairent
près d’un buisson de fleurs
à capturer des abeilles
pour ensuite les relâcher.

Ils les enferment
dans une bouteille plastique
puis tapent dessus
pour que les insectes
pris de panique
finissent par s’envoler.

Voilà, me semble-t-il, un jeu
délicat
et un peu dangereux.

(9.08.2015)

*

Le Sixième Dalaï Lama

Tsangyang Gyatso, le Sixième Dalaï Lama,
est connu pour son destin tragique.
Ayant renoncé à ses vœux monastiques,
il fut déposé par le Khan Lkhazang
qui le fit exiler en 1706 en Chine.
Mais, arrivé près du Lac Qinghai,
sur les hauts plateaux,
où pâturent yacks et chevaux,
au milieu de petites fleurs jaunes,
il disparut.

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Le sixième Dalaï Lama
est connu aussi pour ses dons de poète.
Juste avant de disparaître, il écrivit quelques poèmes
pleins de fraîcheur, dont celui-ci :
« La belle que tu vois
est une pêche juteuse
qui pend à la branche de l’arbre
mais elle est hors de portée ».

Quand il disparut, que lui est-il donc arrivé ?
A-t-il été assassiné par ses gardes du corps ?
Est-il entré en lévitation et s’est-il envolé dans un tourbillon de fumée ?
S’est-il réincarné en l’enfant trouvé par les moines
dans la région du Kham ?
Ou en cheval mongol, lui qui n’avait pas demandé
à devenir Dalaï Lama ?
Ou bien a-t-il simplement choisi de vivre, inconnu et libre,
pour rejoindre la fille au teint de pêche ?

(10.08.2015)

*

La cocotte-minute

Rencontré dans sa chambre d’hôtel
lors de son passage à Paris,
quelques jours avant Tien An-Men,
me parlant du Tibet et des étudiants,
Wang Meng m’avait dit :
« C’est comme une cocotte-minute.
Quand la cocotte est bien fermée
il n’y a pas de problème.
Quand elle est ouverte, non plus.
Le moment délicat,
c’est celui de l’ouverture ».


*

Les poissons et l’eau

Quand Mao Tsé-Toung diagnostiqua au sein du parti
la sclérose en plaque de la bureaucratie
il lança le mot d’ordre radical :
« Feu sur le quartier général »
et déclencha la révolution culturelle.

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(Mais quand les masses s’en mêlent
cela peut faire des dégâts…
Et le remède bientôt s’avéra
pire que le mal ;
lequel est toujours là…)

Forts de cette expérience
faut-il alors faire confiance
aux experts (rouges ou non)
plutôt qu’au peuple
quand on agit en son nom ?

« Les communistes, disait Mao Tsé-Toung,
doivent être dans le peuple
comme un poisson dans l’eau… »

Les poissons
s’ils ne s’appuient plus sur l’eau
risquent de finir sur le sable.

(11.08.2015)

*
Écrit dans le parc de Bei Hai,

ou lac du Nord, à Pékin
(huitain à la manière d’autrefois)

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Assis tous deux sur le rebord d’une pergola dans l’île des hortensias
Près du pont en marbre de l’éternelle tranquillité…
Le rideau en perles de jade du saule bouge lentement.
Une cigale s’époumone et puis s’arrête.
Chante-t-elle parce qu’elle est seule et qu’elle va mourir ?
Ou chante-t-elle pour dire sa joie d’être encore en vie
Comme nous qui nous aimons… Qui peut le dire ?
Il fait si chaud qu’une simple brise suffit à notre bonheur.

(12.08.15)

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